Fiche d'exercices : Le manager et les styles de management
8 questions corrigées ⭐ → ⭐⭐⭐ : cherche d'abord, la correction est sous chaque énoncé
Échauffement : les questions de cours
- Définis la notion de manager et cite les trois éléments de cette définition.
- Définis le leadership, puis distingue le leader du manager sur au moins trois points.
- Peut-on être manager sans être leader ? Leader sans être manager ? Donne un exemple de chaque situation.
- Distingue en une phrase le pouvoir et l'autorité.
👆 ▶ Correction de l'exercice 1
2. Le leadership est la capacité d'influencer le comportement d'un groupe et de l'entraîner vers un but, sans recourir à l'autorité formelle. Trois différences :
| Le manager | Le leader | |
|---|---|---|
| Origine du pouvoir | sa fonction : il est nommé | sa reconnaissance par le groupe : il est suivi |
| Ce qu'il obtient | la conformité : les consignes sont appliquées | l'adhésion : le but est partagé |
| Ce sur quoi il agit | l'organisation, les moyens, les procédures | les représentations, l'énergie, l'envie |
- Manager sans leadership : un responsable nommé dont les consignes sont appliquées à la lettre, et rien de plus. Le service tourne, il ne progresse pas.
- Leader sans autorité : dans une association fictive, un bénévole sans mandat dont tout le monde suit les décisions. Son influence est réelle, elle n'apparaît sur aucun organigramme.
Remarque : la formule qui résume tout, et qu'un correcteur reconnaît immédiatement : le manager a des subordonnés, le leader a des suiveurs. Le meilleur cas est évidemment celui où c'est la même personne.
- Cite et explique les trois types d'autorité légitime distingués par Weber.
- Pour chacun, donne un exemple et indique sa fragilité.
- Laquelle est la plus stable ? Justifie en une phrase.
- Qualifie l'autorité dans les trois situations suivantes :
- a. Dans une entreprise familiale fictive, le fils aîné succède au père à la direction, sans que personne ne discute le principe.
- b. Un inspecteur applique une sanction prévue par un texte, alors même que l'entreprise contrôlée ne le connaissait pas.
- c. Les salariés d'une jeune entreprise acceptent deux années difficiles « parce qu'ils croient en la fondatrice ».
👆 ▶ Correction de l'exercice 2
| Type | Ce qui la fonde | Exemple | Fragilité |
|---|---|---|---|
| Traditionnelle | l'habitude, la coutume, l'hérédité : « on a toujours fait ainsi » | la succession familiale à la tête d'une entreprise | elle résiste mal au changement : dès que la tradition est contestée, l'autorité l'est aussi |
| Charismatique | les qualités exceptionnelles prêtées à une personne : vision, éloquence, courage | le fondateur que l'équipe suit « parce que c'est lui » | elle est personnelle, donc non transmissible : elle disparaît avec la personne, et la succession est presque toujours difficile |
| Rationnelle-légale | la règle écrite et la fonction occupée : on obéit à un poste, pas à un individu | le directeur d'une administration, dont les décisions valent parce qu'un texte les prévoit | elle peut virer à la bureaucratie : la règle appliquée pour elle-même, la lenteur, la déresponsabilisation |
4. a. autorité traditionnelle (la coutume de la succession familiale fonde la légitimité). b. autorité rationnelle-légale (elle tient au texte et à la fonction, l'ignorance de la règle n'y change rien). c. autorité charismatique (elle tient aux qualités reconnues à une personne).
Remarque : dans une organisation réelle, les trois se combinent presque toujours : un dirigeant nommé selon les statuts (rationnel-légal) peut être aussi le petit-fils du fondateur (traditionnel) et un orateur remarquable (charismatique). Une bonne copie dit laquelle domine, et pourquoi.
- Cite les dix rôles du manager identifiés par Mintzberg, en les regroupant dans leurs trois familles.
- Explique en une phrase la logique qui relie les trois familles.
- Distingue soigneusement : diffuseur et porte-parole, puis entrepreneur et régulateur.
👆 ▶ Correction de l'exercice 3
| Rôles interpersonnels | Rôles informationnels | Rôles décisionnels |
|---|---|---|
| 1. Symbole (figure de proue) 2. Leader 3. Agent de liaison | 4. Observateur actif 5. Diffuseur 6. Porte-parole | 7. Entrepreneur 8. Régulateur 9. Répartiteur de ressources 10. Négociateur |
3. Les deux distinctions attendues :
- Diffuseur / porte-parole : c'est le sens de la transmission qui change. Le diffuseur fait descendre l'information vers l'intérieur de son unité ; le porte-parole la transmet vers l'extérieur, et il engage alors l'organisation.
- Entrepreneur / régulateur : c'est l'origine du changement qui change. L'entrepreneur provoque le changement (il lance un projet d'amélioration) ; le régulateur subit une perturbation non prévue et la traite (panne, conflit, rupture de stock).
Application : reconnaître, qualifier, justifier
| Heure | Ce qu'elle fait |
|---|---|
| 8 h 30 | Elle lit les chiffres de vente de la semaine et écoute deux vendeurs lui rapporter ce que disent les clients sur les délais de réparation. |
| 9 h 15 | Elle réunit l'équipe pour expliquer la nouvelle politique de reprise des vieux vélos décidée par la direction du réseau. |
| 10 h | Un fournisseur a livré la moitié des pièces commandées ; deux réparations promises pour le soir sont bloquées. Elle réorganise l'ordre des travaux et prévient les clients. |
| 11 h 30 | Elle arbitre entre deux demandes : renouveler l'outillage de l'atelier ou financer la vitrine. Le budget ne couvre qu'une seule des deux. |
| 14 h | Elle déjeune avec les responsables des cinq autres magasins de l'enseigne et échange sur leurs pratiques de service après-vente. |
| 15 h 30 | Elle mène l'entretien annuel d'un mécanicien et décide avec lui d'une formation. |
| 16 h 30 | Elle reçoit la radio locale pour annoncer la création de trois postes. |
| 17 h 30 | Elle lance un projet de service de réparation en une heure, sans qu'on le lui ait demandé. |
- Pour chaque activité, identifie le rôle de Mintzberg exercé et justifie en une ligne.
- Quelles caractéristiques du travail du manager cette journée illustre-t-elle ?
- À quel niveau de management cette responsable se situe-t-elle ? Justifie.
👆 ▶ Correction de l'exercice 4
| Heure | Rôle | Justification |
|---|---|---|
| 8 h 30 | Observateur actif | elle collecte de l'information, formelle (les chiffres) et informelle (ce que rapportent les vendeurs) |
| 9 h 15 | Diffuseur | elle fait descendre vers son équipe une information venue de l'extérieur de l'unité |
| 10 h | Régulateur | elle traite une perturbation non prévue qu'elle n'a pas provoquée |
| 11 h 30 | Répartiteur de ressources | elle décide qui obtient quoi avec un budget contraint |
| 14 h | Agent de liaison | elle entretient un réseau hors de sa ligne hiérarchique : ses homologues ne sont ni ses chefs ni ses subordonnés |
| 15 h 30 | Leader | elle motive et développe les compétences d'un membre de son équipe |
| 16 h 30 | Porte-parole | elle transmet vers l'extérieur, au nom de l'organisation |
| 17 h 30 | Entrepreneur | elle provoque le changement de sa propre initiative, sans y être contrainte |
On note aussi qu'elle exerce les trois familles de rôles dans la même journée : c'est la règle, pas l'exception.
3. Elle relève du management de proximité, avec une part de management intermédiaire. Justification : son horizon est la journée et la semaine, ses décisions sont nombreuses et réversibles (réorganiser des travaux, décaler une réparation), et elle applique une politique décidée ailleurs plutôt que de la fixer. L'arbitrage budgétaire de 11 h 30 et le projet de 17 h 30 la rapprochent du niveau intermédiaire, mais ils portent sur son seul magasin.
Interprétation du résultat : la politique de reprise des vélos, elle, a été arrêtée par le top management du réseau. La même décision traverse ainsi les trois niveaux, chacun en traitant ce qui relève de son horizon.
- L'expérience de Lewin, Lippitt et White démontre que le style démocratique est toujours le plus productif.
- Le style « laisser-faire » et la délégation sont deux noms pour la même pratique.
- Sur la grille de Blake et Mouton, un manager noté 1.9 est très exigeant sur les résultats.
- Chez Hersey et Blanchard, le style délégatif est le meilleur des quatre.
- Un manager qui atteint le degré 7 du continuum de Tannenbaum et Schmidt ne contrôle plus rien.
👆 ▶ Correction de l'exercice 5
2. Faux. Le laisser-faire ne fixe rien : ni objectif, ni cadre, ni contrôle ; c'est le style qui perd sur tous les critères de l'expérience. La délégation fixe une mission, des moyens, une échéance et un point de contrôle : le manager reste responsable du résultat. Déléguer n'est pas démissionner.
3. Faux. La notation se lit « production.personnes », dans cet ordre. Le 1.9 a donc un intérêt faible (1) pour la production et fort (9) pour les personnes : c'est le style social, dit « country club », où l'on évite les tensions et où les objectifs sont mal tenus. Le manager très exigeant sur les résultats est le 9.1. Inverser les deux chiffres donne la réponse exactement contraire.
4. Faux. C'est même la thèse centrale du modèle : aucun style n'est meilleur qu'un autre, chacun correspond à un degré d'autonomie précis. Déléguer à un débutant ressemble à un abandon : le travail est mal fait et le collaborateur perd confiance. Le style directif n'est pas un défaut, c'est la bonne réponse à une compétence absente.
5. Faux. Au degré 7, le groupe décide « dans les limites fixées par l'organisation » : budget, délai, règles de sécurité, périmètre. Le manager a déplacé son contrôle, il ne l'a pas supprimé : il contrôle désormais le résultat et le cadre, non la méthode. Sans ces limites, on retombe dans le laisser-faire.
Remarque : les cinq affirmations sont fausses, et ce n'est pas un hasard : ce sont les cinq raccourcis que les copies commettent le plus souvent sur ce chapitre. Dans un vrai-faux d'examen, la mention « faux » seule ne vaut aucun point : c'est la justification qui est notée.
- « Il fixe les cadences seul, et il les annonce le lundi matin. »
- « Il explique toujours pourquoi : il tient à ce qu'on comprenne la décision, mais elle est prise. »
- « Il connaît nos prénoms, nos horaires de bus, il arrange les plannings quand on a un souci. »
- « Quand un opérateur propose une amélioration, il écoute poliment, puis tranche comme il l'avait prévu. »
- « Les objectifs de production sont tenus, mais personne ne prend jamais d'initiative sans lui. »
- À quel système de Likert ce management correspond-il ? Justifie par deux éléments de l'énoncé.
- Où le placerais-tu sur la grille de Blake et Mouton ? Donne une position chiffrée et justifie chaque coordonnée.
- À quel degré du continuum de Tannenbaum et Schmidt se situe-t-il ?
- La direction lui demande de faire remonter davantage d'idées d'amélioration depuis le terrain. Que devrait-il changer ? Cite les modèles.
👆 ▶ Correction de l'exercice 6
- la décision reste entièrement au sommet (« il fixe les cadences seul », « il tranche comme il l'avait prévu ») : on n'est ni au système 3 (consultatif, où la consultation influence réellement la décision), ni au système 4 ;
- le rapport aux personnes passe par la relation personnelle et la bienveillance (prénoms, arrangements de planning) et non par la crainte : ce n'est donc pas le système 1, autoritaire exploiteur.
- Production, 9 : les cadences sont fixées et tenues, les objectifs sont l'axe explicite de son management.
- Personnes, 3 : l'attention aux personnes est réelle mais matérielle (horaires, arrangements). Elle ne va pas jusqu'à l'association aux décisions ni au développement de l'autonomie, qui sont ce que mesure vraiment l'axe vertical.
3. Le degré 2 : « le manager décide, puis vend sa décision, qu'il explique pour la faire accepter ». L'énoncé le dit presque mot pour mot : « il explique toujours pourquoi, mais elle est prise ».
On pourrait hésiter avec le degré 5 (« recueille les suggestions, puis décide ») à cause de l'écoute des propositions : mais l'énoncé précise qu'il « tranche comme il l'avait prévu ». Une consultation sans effet sur la décision n'est pas une consultation.
4. Ce qu'il doit changer. Le diagnostic d'abord : la dernière phrase de l'énoncé (« personne ne prend jamais d'initiative sans lui ») est la conséquence directe de son style, et non un défaut des opérateurs. Un système 2 produit de la motivation (on travaille pour lui) mais pas d'implication (on ne s'approprie pas le but).
Les évolutions à proposer :
- Likert : passer au système 3, puis 4 : une consultation qui influence réellement la décision, puis des décisions prises en équipe sur les sujets où c'est possible.
- Tannenbaum et Schmidt : monter aux degrés 5 et 6 sur les sujets d'amélioration continue, tout en restant au degré 1 sur la sécurité. Le degré peut varier selon le sujet, c'est même recommandé.
- Blake et Mouton : se rapprocher du 9.9 en montant sur l'axe des personnes sans descendre sur celui de la production : les deux axes sont indépendants.
- Hersey et Blanchard : ses opérateurs sont compétents sur leur poste ; rester directif avec eux est vécu comme un manque de confiance. Le style participatif est celui que leur autonomie appelle.
Remarque : un correcteur attend ici l'ordre diagnostic puis préconisations, et surtout des préconisations reliées aux modèles du cours. Écrire « il devrait faire plus confiance » ne vaut rien ; écrire « passer du système 2 au système 3 de Likert, c'est-à-dire consulter avant de décider et le faire savoir » vaut le point.
Approfondissement : les cas de synthèse
| Collaborateur | Situation |
|---|---|
| A | Recruté il y a une semaine, sort de formation. Très motivé, enthousiaste, mais ne connaît ni les dossiers, ni le logiciel, ni les clients. |
| B | Dans le cabinet depuis quatre mois. Commence à maîtriser les dossiers simples, mais bute sur les déclarations complexes et se décourage : « je n'y arriverai jamais ». |
| C | Cinq ans d'ancienneté, techniquement irréprochable. Depuis la réorganisation, elle fait le strict nécessaire et ne propose plus rien. |
| D | Douze ans de métier, autonome, moteur dans l'équipe, demande à prendre en charge un nouveau portefeuille de clients. |
- Pour chacun, indique le style de Hersey et Blanchard adapté, et justifie par le couple compétence / motivation.
- Que se passerait-il si le responsable appliquait à A le style adapté à D ? Et l'inverse ?
- Le même collaborateur peut-il appeler deux styles différents le même jour ? Justifie.
- En quoi ce modèle contredit-il la grille de Blake et Mouton ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 7
| Compétence | Motivation | Style adapté | Ce que fait le responsable | |
|---|---|---|---|---|
| A | faible | forte | Directif tâche +, relation − | instructions précises, démonstration, points de contrôle rapprochés : son enthousiasme n'a pas besoin d'être entretenu, sa compétence doit être construite |
| B | moyenne | en baisse | Persuasif tâche +, relation + | il continue de cadrer et explique le pourquoi, encourage, valorise les progrès déjà réels : c'est le moment où l'on perd les gens |
| C | forte | faible | Participatif tâche −, relation + | il l'associe aux décisions, écoute ce que la réorganisation a cassé, lui laisse choisir sa méthode : lui expliquer son métier serait la dernière chose à faire |
| D | forte | forte | Délégatif tâche −, relation − | il confie le portefeuille avec un résultat attendu et une échéance, reste disponible, contrôle par le résultat |
- Style délégatif appliqué à A : déléguer trop tôt. Le nouveau se retrouve seul devant des dossiers qu'il ne sait pas traiter ; le travail est mal fait, des erreurs partent chez des clients, et son enthousiasme initial se retourne en perte de confiance. Il vivra la délégation comme un abandon.
- Style directif appliqué à D : déléguer trop tard. Le travail sera bien fait, mais douze ans de métier supportent mal qu'on leur dicte chaque étape. Il le vivra comme de la surveillance et un manque de confiance : c'est ainsi que l'on perd ses meilleurs collaborateurs.
4. Blake et Mouton désignent un style idéal universel, le 9.9, valable quelle que soit la situation. Hersey et Blanchard soutiennent au contraire qu'aucun style n'est meilleur en soi : le bon style est celui qui correspond à l'autonomie du collaborateur pour la tâche demandée, et il doit donc changer quand celle-ci évolue.
Interprétation du résultat : c'est le passage d'une approche normative (voici le bon style) à une approche contingente (voici comment choisir). L'objectif du manager n'est plus d'atteindre un style, mais de faire monter l'autonomie de son équipe, donc de rendre progressivement son propre style inutile.
- La fondatrice décide toujours seule, de la recette au choix des palettes. Elle connaît chaque salarié et chacun vient la voir directement.
- Les journées sont entièrement occupées par les urgences : pannes, retards, réclamations. Elle n'a pas revu son plan à trois ans depuis deux exercices.
- Trois chefs d'équipe ont été nommés il y a un an. Ils transmettent les consignes, mais aucun n'a de budget ni de pouvoir de décision.
- Deux clients importants se plaignent des délais. Un concurrent a ouvert à 40 km.
- Les associés envisagent de recruter un directeur général salarié pour épauler la fondatrice.
- Qualifie l'autorité de la fondatrice au sens de Weber, et dis ce qui la fragilise.
- Quelles tâches du dirigeant sont assurées, lesquelles sont négligées ? Quelle conséquence ?
- Les chefs d'équipe sont-ils des managers ? Justifie par la définition du cours.
- Analyse la situation en termes de logique entrepreneuriale et de logique managériale.
- Le recrutement d'un directeur général salarié crée-t-il un risque ? Lequel, et comment l'encadrer ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 8
Ce qui la fragilise : une autorité charismatique est personnelle et non transmissible. Elle ne se délègue pas, ce qui explique directement le point suivant, et elle laissera un vide le jour où la fondatrice s'arrêtera. À 90 salariés, elle ne tient plus à l'échelle : on peut connaître 8 personnes, pas 90.
2. Deux tâches sur quatre.
- Assurées : l'animation (elle est présente, accessible, elle arbitre) et le contrôle, mais un contrôle purement réactif, exercé au travers des urgences.
- Négligées : la finalisation (aucun plan revu depuis deux exercices, alors même qu'un concurrent s'installe à 40 km) et l'organisation (rien n'a été redécoupé quand l'effectif a été multiplié par onze).
3. Non, pas encore. La définition exige trois éléments : une autorité, des personnes, une responsabilité de résultat. Les chefs d'équipe ont bien des personnes sous leur responsabilité, mais aucune autorité réelle : ni budget, ni pouvoir de décision. Ils transmettent des consignes : ce sont des relais, pas des managers.
Le vice est identifié depuis Fayol : on leur a donné une responsabilité sans le pouvoir correspondant, alors que l'autorité et la responsabilité doivent aller ensemble. Résultat prévisible : les salariés continuent de court-circuiter les chefs d'équipe pour aller voir la fondatrice, ce que l'énoncé décrit exactement.
4. Une logique entrepreneuriale forte, une logique managériale absente.
- La logique entrepreneuriale est manifeste et c'est la réussite de l'entreprise : repérer une opportunité, innover sur les recettes et les circuits de vente, assumer le risque.
- La logique managériale n'a pas suivi : on n'a ni structuré, ni délégué, ni planifié, ni mis en place les moyens de tirer parti des ressources accumulées.
5. Oui, un risque d'agence. Recruter un manager mandaté sépare celui qui décide de ceux qui supportent le risque, ce qui ouvre trois sources de risque connues :
- la poursuite de son intérêt personnel (privilégier la taille de l'entreprise ou son propre prestige plutôt que la valeur créée) ;
- le frein à l'initiative : éviter les projets risqués qui, en cas d'échec, lui coûteraient sa place ;
- de mauvaises décisions, dont il ne supportera pas les conséquences patrimoniales.
Interprétation du résultat : la difficulté de cette entreprise n'est pas un problème de personne, c'est un problème de contingence. La taille a changé, l'âge a changé, l'environnement s'est durci : le style de management qui convenait à la création ne convient plus à 90 salariés. Aucune copie ne devrait conclure que la fondatrice « dirige mal » : elle dirige comme il fallait diriger une entreprise qui n'existe plus.
Remarque : sur un cas de synthèse, la structure de la copie compte autant que le contenu : d'abord le diagnostic (ce qui est constaté, qualifié avec les notions du cours), ensuite les préconisations, jamais l'inverse. Et chaque préconisation se rattache explicitement à un modèle : c'est ce qui sépare une réponse de première année d'une opinion.