Fiche de cours : Organisations et management, les notions de base
Ce qu'est une organisation, comment on la classe, et ce que veut dire « manager »
I. Qu'est-ce qu'une organisation ?
Quatre caractéristiques reviennent dans toutes les définitions :
- un objectif précis, connu et partagé (soigner, produire, vendre, défendre une cause) ;
- des personnes aux compétences distinctes, chacune tenant un rôle ;
- une communication formalisée : on sait qui informe qui, et par quel canal ;
- des règles, des procédures et un contrôle, qui font tenir l'ensemble quand les personnes changent.
- L'organisation-action : le fait d'organiser, c'est-à-dire de répartir les tâches et les moyens. « L'organisation du chantier a pris trois semaines. »
- L'organisation-résultat : l'entité qui en sort et qui existe durablement. « Cette organisation emploie 400 personnes. »
| Auteur | Ce qu'il met au centre | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Taylor (organisation scientifique du travail, 1911) | la productivité : à chaque tâche correspond une seule bonne façon de faire, trouvée par l'étude des temps et des gestes | il sépare ceux qui conçoivent le travail de ceux qui l'exécutent ; l'organisation devient un objet que l'on mesure et que l'on optimise |
| Fayol (1916) | l'administration : diriger est un métier qui s'apprend, avec ses fonctions et ses principes | il fonde le management comme discipline, du côté des dirigeants et non de l'atelier |
| Weber | la rationalité : l'organisation est un ensemble hiérarchisé de règles impersonnelles, où l'autorité tient à la fonction, pas à la personne | il explique pourquoi une administration continue de fonctionner quand son directeur change |
| Mintzberg | la coordination : organiser, c'est diviser le travail en tâches distinctes, puis assurer la coordination entre elles | toute la question devient comment on coordonne : c'est l'objet du chapitre sur les structures |
| Crozier | le construit social : l'organisation est faite d'acteurs qui poursuivent aussi leurs propres stratégies et négocient leur marge de manœuvre | l'organigramme ne dit pas tout : le pouvoir réel se loge là où subsiste une zone d'incertitude |
- L'organisation formelle est celle des documents : organigramme, fiches de poste, procédures, règlement intérieur. Elle est voulue et écrite.
- L'organisation informelle est celle qui se forme d'elle-même : affinités, réseaux d'entraide, circuits d'information parallèles, leaders sans titre. Elle est constatée, jamais décrétée.
- Organisation n'est pas synonyme d'entreprise. L'entreprise est UN type d'organisation, parmi les administrations, les associations, les syndicats, les partis, les hôpitaux.
- L'informel n'est pas le désordre : c'est une seconde organisation, non écrite, qui peut soutenir la première comme la contourner.
- Une foule ou un public ne sont pas des organisations : il y manque le but commun, les rôles et la durée.
👆 ▶ À toi : un groupe de voisins nettoie chaque samedi le bord d'une rivière, sans statuts ni bureau. Organisation ou pas ? Vérifie
Le jour où le groupe dépose des statuts en préfecture, il ne devient pas une organisation : il en devient une personne morale, ce qui est une autre question. Ce qu'il gagne alors, c'est la capacité d'ouvrir un compte, de recevoir une subvention et de signer un contrat en son nom.
II. Marchand ou non marchand, lucratif ou non lucratif
- D'où viennent ses ressources ? D'une vente à un prix qui couvre le coût (marchand), ou d'impôts, de subventions, de cotisations et de dons (non marchand) ?
- Que devient le résultat ? Il est partagé entre les propriétaires (but lucratif), ou il reste dans l'organisation pour financer son activité (but non lucratif) ?
| Organisation marchande | Organisation non marchande | |
|---|---|---|
| Ressources | le prix de vente des biens et services produits | impôts et taxes, subventions, cotisations, dons, bénévolat |
| Client ou usager | un client, qui paie et peut aller ailleurs | un usager ou un bénéficiaire, qui n'a souvent pas d'alternative |
| Contrainte principale | vendre plus cher que le coût, sous peine de disparaître | tenir le budget alloué et justifier l'emploi des fonds |
| Mesure du succès | chiffre d'affaires, résultat, parts de marché | qualité et couverture du service rendu, satisfaction des usagers |
| Exemples | un atelier de réparation, une compagnie d'assurance, une chaîne de restauration | une mairie, un collège public, une association d'aide aux devoirs |
- Non lucratif ne veut pas dire « interdit de gagner de l'argent ». Une association peut vendre et dégager un excédent ; ce qui lui est interdit, c'est de partager cet excédent entre ses membres.
- Non marchand ne veut pas dire gratuit. Un ticket de cantine scolaire existe bel et bien : il ne couvre simplement pas le coût du repas.
- Public ne veut pas dire non marchand. Une entreprise publique de transport vend ses billets : elle est marchande, tout en appartenant à l'État.
- Une association qui vend n'est pas une entreprise. La différence est dans la destination du résultat, pas dans l'activité.
👆 ▶ À toi : une association sportive fictive vend 900 licences à 180 € et perçoit 40 000 € de subvention municipale. Elle finit l'année avec 12 000 € d'excédent. Marchande ? Lucrative ? Vérifie
But non lucratif. L'excédent de 12 000 € ne peut pas être distribué aux adhérents : il servira à acheter du matériel ou à financer les déplacements de la saison suivante.
Cette association se place donc dans la case « ressources marchandes, but non lucratif » de la carte, celle de l'économie sociale et solidaire. Répondre « non marchande parce que c'est une association » est l'erreur que l'énoncé cherche à provoquer.
III. L'entreprise et ses ressources
Deux mots portent la définition :
- vendre sur un marché : elle affronte des clients qui peuvent dire non, et des concurrents ;
- autonome : elle décide elle-même de ses prix, de ses embauches et de ses investissements, et elle en supporte le risque.
| Les trois fonctions de l'entreprise | Ce qu'elle fait | Exemple |
|---|---|---|
| Économique | elle produit, crée de la valeur ajoutée et la répartit entre salaires, impôts, remboursements et bénéfice | une conserverie fictive transforme 500 tonnes de légumes en produits vendus |
| Sociale | elle emploie, forme, qualifie, et procure un revenu à des ménages | la même conserverie fait vivre 60 familles et forme des apprentis |
| Sociétale | elle assume les effets de son activité sur la société et l'environnement, au-delà de ce que la loi exige | elle réduit ses emballages et s'approvisionne dans un rayon de 80 km |
- Humaines : les personnes, mais surtout leurs compétences, leur expérience et leur capacité à travailler ensemble.
- Matérielles : locaux, machines, véhicules, stocks.
- Immatérielles : marque, brevets, logiciels, savoir-faire, fichier clients, réputation. Ce sont souvent les plus difficiles à copier, donc les plus précieuses.
- Financières : capitaux apportés par les associés, emprunts, bénéfices non distribués.
Remarque : les ressources immatérielles n'apparaissent que très partiellement au bilan. C'est pourquoi la valeur de marché d'une entreprise de services dépasse souvent de loin la valeur comptable de ce qu'elle possède.
- Finalité : la raison d'être, durable et non chiffrée (« nourrir sainement à prix accessible »).
- Mission : le rôle que l'organisation se donne pour servir cette finalité (« produire des conserves à partir de légumes de la région »).
- Objectif : un but chiffré et daté, qui traduit la mission (« ouvrir deux nouveaux points de vente d'ici dix-huit mois »).
IV. Les statuts juridiques
- L'entreprise individuelle (EI) n'a pas de personnalité juridique distincte : c'est la personne physique de l'entrepreneur qui exerce, s'engage et est imposée. Aucun capital, aucun associé, formalités réduites.
- La société est une personne morale créée par un ou plusieurs associés qui lui apportent un capital. Elle a son propre patrimoine, son nom, son siège ; elle signe les contrats et supporte les dettes.
| Statut | Associés (minimum) | Capital minimum | Responsabilité | Usage typique |
|---|---|---|---|---|
| EI entreprise individuelle | aucun (l'entrepreneur seul) | aucun | limitée au patrimoine professionnel (séparation de plein droit depuis 2022) | artisan, commerçant ou profession libérale qui démarre seul |
| EURL SARL à associé unique | 1 | libre (1 € suffit) | limitée aux apports | se lancer seul en protégeant son patrimoine, avec un cadre très encadré |
| SARL | 2 (100 au maximum) | libre | limitée aux apports | PME familiale : le fonctionnement est fixé par la loi, donc peu discuté |
| SASU SAS à associé unique | 1 | libre | limitée aux apports | projet individuel qui prévoit d'accueillir des associés plus tard |
| SAS | 2 (1 en SASU) | libre | limitée aux apports | jeune entreprise innovante : les statuts organisent librement le pouvoir et l'entrée d'investisseurs |
| SA société anonyme | 2 (7 si les titres sont admis en bourse) | 37 000 € | limitée aux apports | grande entreprise, appel public à l'épargne |
| SNC société en nom collectif | 2 | libre | indéfinie et solidaire : un créancier peut réclamer toute la dette à un seul associé | activité entre associés qui se connaissent et se font entièrement confiance |
| GIE groupement d'intérêt économique | 2 membres | aucun exigé | indéfinie et solidaire des dettes du groupement | mettre en commun un service (achats, export, laboratoire) sans fusionner : le GIE prolonge l'activité de ses membres, il ne la remplace pas |
- Combien de personnes s'associent ? Une seule écarte la SARL, la SNC et la SA ; elle laisse l'EI, l'EURL et la SASU.
- Quel patrimoine faut-il protéger ? Si le risque financier est réel, on écarte la SNC (responsabilité indéfinie et solidaire).
- De quel capital dispose-t-on ? 37 000 € de capital minimum écartent la SA pour un petit projet.
- Quelle souplesse veut-on ? La SAS laisse écrire les règles du pouvoir dans les statuts ; la SARL applique un cadre légal détaillé, plus rassurant mais plus rigide.
Remarque : les montants et les seuils juridiques cités ici valent à la date de rédaction de cette fiche (2026). Une question d'actualité juridique se vérifie toujours sur un texte à jour : c'est un réflexe de première année.
👆 ▶ À toi : deux amis créent un studio de jeu vidéo, apportent 6 000 € chacun et espèrent faire entrer un investisseur dans deux ans. Quel statut ? Vérifie
- ils sont deux : l'EI, l'EURL et la SASU sont écartées ;
- le risque financier d'un studio est réel : on écarte la SNC et sa responsabilité indéfinie et solidaire ;
- 12 000 € de capital : la SA et ses 37 000 € sont hors de portée ;
- restent la SARL et la SAS. L'arrivée annoncée d'un investisseur tranche : la SAS permet d'organiser librement dans les statuts l'entrée au capital et la répartition du pouvoir.
V. Les tailles d'entreprise
| Catégorie | Effectif | Chiffre d'affaires annuel | Total de bilan | Exemple fictif |
|---|---|---|---|---|
| Microentreprise | moins de 10 personnes | ≤ 2 millions d'euros | ou ≤ 2 millions d'euros | un salon de coiffure et ses 3 salariés |
| PME petite ou moyenne entreprise | moins de 250 personnes | ≤ 50 millions d'euros | ou ≤ 43 millions d'euros | une conserverie régionale, 120 salariés |
| ETI entreprise de taille intermédiaire | moins de 5 000 personnes | ≤ 1 500 millions d'euros | ou ≤ 2 000 millions d'euros | un équipementier de 1 800 salariés sur quatre sites |
| Grande entreprise | à partir de 5 000 personnes, ou dépassant les deux seuils financiers de l'ETI | au-delà | au-delà | un groupe de distribution employant 40 000 personnes |
- On teste dans l'ordre : microentreprise, puis PME, puis ETI. La grande entreprise est la catégorie de ceux qui ne rentrent nulle part.
- Le critère d'effectif est obligatoire : s'il n'est pas rempli, la catégorie est écartée, quels que soient les montants.
- Les deux critères financiers sont reliés par un « ou » : il suffit que l'un des deux soit respecté.
- La microentreprise ci-dessus est une catégorie statistique de taille : elle décrit l'entreprise, quel que soit son statut juridique.
- Le micro-entrepreneur est un régime fiscal et social simplifié, ouvert à un entrepreneur individuel sous des plafonds de chiffre d'affaires revalorisés régulièrement : déclaration mensuelle ou trimestrielle, cotisations calculées en pourcentage des recettes.
VI. Organisations publiques, associations, groupes
- Leur but n'est pas le profit, mais la satisfaction de l'intérêt général : continuité du service, égalité de traitement des usagers, adaptation aux besoins.
- Elles raisonnent d'abord en logique de moyens : un budget est voté, il doit être employé conformément à sa destination. Les démarches de performance publique cherchent depuis plusieurs années à y ajouter une logique de résultats (indicateurs, objectifs de qualité), sans remplacer la première.
- Leurs ressources sont majoritairement non marchandes : impôts, dotations, redevances modestes.
Une association simplement formée existe déjà ; c'est sa déclaration et la publicité qui suit qui lui donnent la capacité juridique : ouvrir un compte, recevoir une subvention, employer, signer un bail.
- Ressources : cotisations des membres, subventions publiques, dons et mécénat, recettes d'activité (billetterie, buvette, prestations), et le bénévolat, qui est une ressource majeure bien qu'elle n'apparaisse pas au compte de résultat.
- Gouvernance : une assemblée générale des membres, un conseil d'administration, un bureau. Le pouvoir vient du nombre d'adhérents, pas du capital.
| Entreprise privée | Organisation publique | Association | |
|---|---|---|---|
| Finalité | produire et vendre, dégager un résultat | rendre un service public, servir l'intérêt général | réaliser un projet commun sans but lucratif |
| Ressources | chiffre d'affaires | impôts, dotations, redevances | cotisations, subventions, dons, recettes, bénévolat |
| Qui décide | les associés, à proportion du capital | la collectivité de tutelle et les dirigeants qu'elle nomme | les adhérents, une voix par personne |
| Résultat | distribuable en dividendes | équilibre budgétaire recherché | excédent conservé et réinvesti, jamais partagé |
| Indicateur suivi | résultat, marge, parts de marché | coût du service, qualité, égalité d'accès | nombre d'adhérents, actions menées, équilibre du budget |
- Un groupe réunit une société mère et des filiales qu'elle contrôle en détenant la majorité de leurs droits de vote. Juridiquement, ce sont des sociétés distinctes ; économiquement, c'est un seul centre de décision.
- Une entreprise transnationale (ou multinationale) possède des unités de production dans plusieurs pays et y organise une division internationale du travail : conception ici, assemblage ailleurs, service après-vente ailleurs encore.
- Une délocalisation est le transfert d'une activité vers un autre pays, avec fermeture ou réduction de l'activité d'origine. Ses trois motifs classiques : le coût (salaires, énergie, foncier), l'accès au marché (produire près des clients, contourner des droits de douane) et la réglementation (fiscalité, normes, droit du travail).
Remarque : le mouvement inverse existe aussi et porte un nom : la relocalisation. Elle est motivée par la sécurité d'approvisionnement, la maîtrise de la qualité, le coût du transport et l'empreinte environnementale. Citer les deux mouvements dans une copie montre que la question a été comprise comme un arbitrage, et non comme une fatalité.
👆 ▶ À toi : un hôpital public, une clinique privée et une association qui gère un centre de soins. Qu'est-ce qui les distingue vraiment ? Vérifie
L'origine des ressources : financement public majoritaire pour l'hôpital, recettes d'activité pour la clinique, financement mixte pour l'association.
La destination du résultat : la clinique peut distribuer un bénéfice à ses associés ; ni l'hôpital ni l'association ne le peuvent.
Le pouvoir de décision : tutelle publique pour l'hôpital, associés à proportion du capital pour la clinique, assemblée générale des adhérents pour l'association, où chacun dispose d'une voix.
Conclusion : c'est la finalité et la gouvernance qui classent une organisation, jamais le métier exercé.
VII. Qu'est-ce que le management ?
Les travaux de synthèse sur la discipline, notamment ceux de Thiétart, insistent sur ses deux dimensions indissociables :
- une dimension stratégique : décider où va l'organisation, en tenant compte de son environnement ;
- une dimension humaine : obtenir des personnes qu'elles s'engagent, ce qui ne se décrète pas.
| Management stratégique | Management opérationnel | |
|---|---|---|
| Question posée | que faisons-nous, et pour quel avenir ? | comment le faisons-nous bien, aujourd'hui ? |
| Horizon | long terme (plusieurs années) | court terme (jour, semaine, mois) |
| Qui | la direction générale | l'encadrement intermédiaire et de proximité |
| Objet | la relation entre l'organisation et son environnement | la mise en œuvre des choix arrêtés |
| Réversibilité | faible : revenir en arrière coûte cher et prend du temps | forte : on corrige d'une semaine sur l'autre |
| Exemple | ouvrir une deuxième usine dans une autre région | réorganiser les plannings pour absorber un pic de commandes |
- Il n'existe pas une seule bonne façon de structurer une organisation. La structure qui convient dépend de la taille, de la technologie, de l'environnement et de la stratégie.
- Il n'existe pas une seule bonne façon de diriger des personnes. Le style qui fonctionne dépend des personnes, de leur maturité professionnelle et de la situation.
VIII. Fayol : administrer, c'est cinq choses
- Prévoir : scruter l'avenir et dresser le programme d'action.
- Organiser : constituer le corps social et matériel de l'entreprise.
- Commander : faire fonctionner le personnel.
- Coordonner : relier, unir et harmoniser les actes et les efforts.
- Contrôler : veiller à ce que tout se passe conformément aux règles et aux ordres donnés.
| Thème | Principes | Idée commune |
|---|---|---|
| Répartir le travail | 1. division du travail 2. autorité et responsabilité 3. discipline | chacun a une tâche, un pouvoir pour l'accomplir et une responsabilité qui va avec |
| Tenir la ligne hiérarchique | 4. unité de commandement 5. unité de direction 9. hiérarchie | un subordonné ne reçoit d'ordres que d'un seul chef ; un seul chef et un seul programme par ensemble d'opérations de même but |
| Arbitrer les intérêts | 6. subordination de l'intérêt particulier à l'intérêt général 7. rémunération équitable 8. centralisation (à doser) | l'organisation passe avant l'individu, mais l'individu doit y trouver son compte |
| Mettre de l'ordre | 10. ordre (une place pour chaque chose et pour chaque personne) 11. équité | la règle doit être connue, stable et appliquée sans arbitraire |
| Faire durer | 12. stabilité du personnel 13. initiative 14. union du personnel | la performance vient de la durée et de l'engagement, pas de la seule contrainte |
- Taylor regarde l'atelier : comment exécuter une tâche de la meilleure façon possible. Il sépare la conception de l'exécution et cherche le rendement du poste de travail.
- Fayol regarde la direction : comment administrer l'ensemble. Il s'adresse aux dirigeants et pose les bases du management comme discipline enseignable.
- Weber regarde la règle : comment une autorité devient légitime et impersonnelle grâce à des procédures écrites.
👆 ▶ À toi : dans une entreprise fictive, un technicien reçoit des consignes contradictoires du chef de production et du responsable qualité. Quel principe est violé ? Vérifie
Les conséquences sont celles que Fayol annonce : perte de temps, démotivation, et surtout dilution de la responsabilité, puisque personne ne répondra du résultat.
Les solutions relèvent du principe 9 (hiérarchie) : clarifier qui tranche, ou passer explicitement le responsable qualité en position de conseil, sans autorité directe sur les opérateurs. C'est exactement le problème que les structures matricielles doivent gérer, et qui sera repris au chapitre sur les structures.
IX. Le processus de management
| Étape | Ce que fait le manager | Exemple dans une conserverie fictive |
|---|---|---|
| 1. Planifier | fixer les objectifs, choisir les moyens, établir le calendrier. La planification est stratégique sur plusieurs années, opérationnelle sur l'année ou le mois | « augmenter de 15 % le volume conditionné d'ici la fin de l'exercice » |
| 2. Organiser | répartir les tâches, attribuer les moyens, définir qui décide quoi | créer une deuxième équipe de conditionnement et lui affecter une ligne |
| 3. Animer | informer, motiver, former, arbitrer les conflits, décider au quotidien | réunion hebdomadaire de quinze minutes, formation des nouveaux, prime d'équipe |
| 4. Contrôler | fixer les standards, mesurer le réalisé, calculer l'écart, décider de l'action corrective | volume mesuré chaque semaine ; écart de − 4 % en mars, d'où un ajustement des plannings |
- Fixer le standard : la valeur attendue, chiffrée et datée. Sans standard, aucun écart n'a de sens.
- Mesurer le réalisé : avec un indicateur fiable, disponible assez tôt pour qu'on puisse encore agir.
- Analyser l'écart et agir : soit on corrige l'action, soit on révise l'objectif s'il était irréaliste. Les deux sont des décisions de management ; ne rien faire n'en est pas une.
| Lettre | Critère | Contre-exemple | Formulation correcte |
|---|---|---|---|
| S | Spécifique : on sait exactement de quoi on parle | « améliorer la qualité » | « réduire le taux de retours clients » |
| M | Mesurable : un indicateur existe | « beaucoup moins de retours » | « de 6 % à 3 % » |
| A | Atteignable : les moyens suivent | « zéro retour dès demain » | « avec un contrôle en fin de ligne et deux personnes formées » |
| R | Réaliste et pertinent : l'objectif sert la stratégie | un objectif que personne ne relie à la finalité | « les retours sont le premier motif de perte de clients » |
| T | Temporellement défini : une échéance | « dès que possible » | « au 31 décembre » |
👆 ▶ À toi : « il faut que le service client soit plus réactif. » Rends cet objectif SMART. Vérifie
Une formulation correcte : « ramener le délai moyen de première réponse aux courriels clients de 32 heures à moins de 8 heures ouvrées, au 30 juin, en affectant deux personnes au traitement du matin. »
On y retrouve les cinq critères : S le délai de première réponse, M de 32 h à 8 h, A deux personnes affectées, R la réactivité est un motif de perte de clients, T au 30 juin.
Interprétation : l'objectif SMART n'est pas une formalité de vocabulaire. C'est lui qui rend le contrôle possible, puisqu'il fournit le standard auquel on comparera le réalisé.
X. Les niveaux de décision
| Niveau | Horizon | Portée | Réversibilité | Qui décide | Exemple (conserverie fictive) |
|---|---|---|---|---|---|
| Stratégique | plusieurs années | l'organisation tout entière et sa relation à l'environnement | très faible : revenir en arrière coûte cher | la direction générale | ouvrir une gamme de plats cuisinés et une deuxième usine |
| Tactique (ou administrative) | de quelques mois à deux ou trois ans | l'organisation des ressources : qui, avec quoi, comment | moyenne : on peut réorienter, à un coût réel | l'encadrement intermédiaire | recruter dix opérateurs et acheter une ligne de conditionnement |
| Opérationnelle | le jour, la semaine | un poste, une équipe, une commande | forte : on corrige presque immédiatement | l'encadrement de proximité | établir le planning de la semaine, lancer une commande d'emballages |
- Combien de temps l'organisation vivra-t-elle avec cette décision ? Une semaine, un an, dix ans ?
- Que coûterait le retour en arrière ? Presque rien, un budget, ou la survie de l'entreprise ?
XI. L'environnement et les outils pour l'analyser
| Composante | Ce qu'on y observe | Exemple d'effet sur une conserverie fictive |
|---|---|---|
| Économique | croissance, inflation, taux d'intérêt, pouvoir d'achat | le coût du crédit renchérit l'achat d'une nouvelle ligne |
| Politique | stabilité, politiques publiques, commerce extérieur | un plan de soutien à l'agriculture locale ouvre une aide à l'investissement |
| Socioculturel | démographie, modes de vie, attentes des consommateurs | la demande de repas rapides et sains progresse |
| Technologique | innovations, automatisation, numérique | une machine de tri optique divise par deux le temps de préparation |
| Juridique | droit du travail, normes, obligations d'étiquetage | une nouvelle règle d'affichage nutritionnel impose de refaire les emballages |
| Concurrentiel | concurrents, fournisseurs, clients, entrants, substituts | l'arrivée d'un concurrent régional fait pression sur les prix |
| Écologique | ressources, climat, attentes environnementales | une mauvaise récolte renchérit la matière première |
- Forces et Faiblesses : à l'intérieur de l'organisation (ressources, compétences, coûts, image). Elles dépendent d'elle.
- Opportunités et Menaces : à l'extérieur (marché, réglementation, technologie, concurrence). Elles ne dépendent pas d'elle.
2. Les cinq forces de Porter analysent l'intensité concurrentielle d'un secteur, et donc la rentabilité qu'on peut espérer en y entrant.
- Flexibilité : la capacité à faire varier ses moyens (volumes, horaires, sous-traitance) sans tout reconstruire.
- Réactivité : la vitesse à laquelle on répond à un changement une fois qu'il s'est produit.
- Proactivité : le fait d'anticiper le changement, voire de le provoquer, avant qu'il ne s'impose.
- La définition de l'organisation et ses quatre caractéristiques.
- Marchand / non marchand et lucratif / non lucratif sont deux questions distinctes : sache donner l'exemple qui les croise.
- Le tableau des statuts juridiques : associés, capital, responsabilité. La SNC et le GIE sont les deux cas de responsabilité indéfinie et solidaire.
- Les quatre catégories de taille et la grammaire « effectif ET (CA OU bilan) ».
- Les cinq fonctions de Fayol (P.O.C.C.C.) et le cycle planifier - organiser - animer - contrôler.
- Les trois niveaux de décision et le critère de réversibilité.
- SMART, le SWOT et les cinq forces de Porter.