Fiche de cours : Fonction exponentielle
La fonction égale à sa propre dérivée : celle qui transforme les sommes en produits
I. La définition
Elle est SA PROPRE dérivée : en chaque point, la pente de la courbe égale la hauteur. C'est la fonction des phénomènes dont la vitesse de croissance est proportionnelle à la taille (populations, intérêts composés, radioactivité).
- e^x > 0 pour TOUT réel x : l'exponentielle ne s'annule jamais, ne devient jamais négative (même e^{-100} est un petit nombre strictement positif) ;
- exp est strictement croissante sur ℝ (sa dérivée e^x est positive) : donc e^a = e^b \iff a = b et {e^a < e^b \iff a < b}.
🎛️ À toi de jouer : la courbe de exp, toujours au-dessus de l'axe
Fais glisser le point M le long de la courbe.
À droite, elle s'envole ; à gauche, elle s'écrase sur l'axe des abscisses sans jamais le toucher.
C'est le e^x > 0 de la propriété ci-dessus, vu à l'œil.
🔍 La loupe zoome vers l'axe : l'écart devient minuscule, mais jamais nul.
📊 Les quatre sœurs : ex, −ex, e−x, −e−x
Ce sont les mêmes points, retournés.
Un signe devant retourne la courbe par rapport à l'axe des abscisses ; un signe dans l'exposant, par rapport à l'axe des ordonnées ; les deux à la fois font le demi-tour autour de l'origine.
Dans les quatre cas, la droite y = 0 reste l'asymptote, et la courbe ne la touche jamais.
Les quatre passent par un point de l'axe des ordonnées, à la hauteur \pm 1 : c'est e^0 = 1, au signe près.
🎛️ À toi de jouer : retourne la courbe toi-même
La fonction tracée est f(x) = a\,e^{bx}.
Le curseur a la retourne haut-bas, le curseur b la retourne gauche-droite.
Les quatre cas de la page précédente ne sont que quatre positions de ces deux curseurs : les boutons t'y emmènent directement.
Mets a = 0 : il ne reste que la droite y = 0. C'est le seul cas où la courbe touche son asymptote, et justement ce n'est plus une exponentielle.
II. Les règles de calcul (l'algèbre des exposants)
- e^{a+b} = e^a \times e^b (la propriété fondatrice) ;
- e^{-a} = \dfrac{1}{e^a} et e^{a-b} = \dfrac{e^a}{e^b} ;
- (e^a)^n = e^{na} ;
- e^0 = 1.
Un seul but : tout ramener à UN SEUL exposant, puis compter.
🎛️ À toi de jouer : la somme des exposants devient un produit
Règle a et b.
Sur l'axe des abscisses, on ajoute : a puis b donnent a+b.
Sur l'axe des ordonnées, la lecture multiplie : e^a \times e^b tombe exactement sur e^{a+b}.
Mets b = -a : la somme retombe à 0, et le produit à e^0 = 1. C'est la propriété e^{-a} = \tfrac{1}{e^a}.
III. Dériver avec l'exponentielle
- (e^x)' = e^x (par définition !) ;
- pour a réel : \left(e^{ax}\right)' = a\,e^{ax} (cas particulier de la dérivée de g(ax + b)) : ainsi (e^{3x})' = 3e^{3x} et {(e^{-x})' = -e^{-x}}.
- u(x) = x, d'où u'(x) = 1 ;
- v(x) = e^x, d'où v'(x) = e^x.
Le réflexe qui fait gagner 5 minutes : l'exponentielle en facteur ne change jamais le signe.
IV. Exponentielle et suites géométriques
- si a > 0 : q > 1, croissance exponentielle ;
- si a < 0 : 0 < q < 1, décroissance vers 0.
👆 ▶ À toi : résous e^{2x} = e^{x+3}. Vérifie
Sans la stricte croissance, on n'aurait pas le droit de passer des exponentielles aux exposants. C'est elle qui transforme l'équation en une équation ordinaire.