Fiche de cours Logimaths | 1ère spécialité

Fiche de cours : Produit scalaire

Reconnaître un angle droit, calculer une longueur, retrouver un angle

I. Trois définitions pour un même nombre


Le produit scalaire Le produit scalaire de deux vecteurs est un NOMBRE (pas un vecteur !), calculable de trois façons équivalentes :
  • avec l'angle : {\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos(\vec{u}, \vec{v})} ;
  • avec le projeté orthogonal H de C sur (AB) : \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH}, ce qui vaut + AB × AH ou − AB × AH selon le sens (expliqué juste en dessous) ;
  • avec les coordonnées (repère orthonormé) : \vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy'.
Et \begin{aligned}\vec{u} \cdot \vec{u} &= \|\vec{u}\|^2 \\ &= x^2 + y^2\end{aligned}
D’où vient le ± du projeté \overrightarrow{AB} et \overrightarrow{AH} sont portés par la même droite (AB). Deux vecteurs colinéaires, il n’y a donc que deux possibilités : ils vont dans le même sens, ou en sens contraires. C’est tout le ±.
H du même côté que BABCHmême sens : + AB × AH
H de l’autre côté de AABCHsens contraires : − AB × AH
  • Même sens (H du côté de B, angle \widehat{BAC} aigu) : \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = AB \times AH ;
  • sens contraires (H de l’autre côté de A, angle \widehat{BAC} obtus) : {\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = -\,AB \times AH}.
Le signe est toujours celui de \cos\widehat{BAC} : positif si l’angle est aigu, négatif s’il est obtus, et nul si l’angle est droit ; dans ce dernier cas, H vient se confondre avec A, donc AH = 0.
🎯 Atelier : trois formules, un seul nombre
Attrape le bout du vecteur \vec{u} ou du vecteur \vec{v} avec le doigt ou la souris. Les trois calculs sont recalculés à chaque déplacement : ils donnent toujours le même résultat. C'est ça, le produit scalaire : un seul nombre, trois chemins pour y arriver.
avec les coordonnées
avec le projeté H
avec l'angle
Regarde le segment [OH] : il change de couleur quand H bascule de l'autre côté de O. C'est exactement le moment où le produit scalaire devient négatif.
Choisir la bonne formule
  • Les angles sont connus → formule du cosinus ;
  • la figure a des angles droits → projeté orthogonal ;
  • les coordonnées sont données → xx' + yy'.
Exemple express :\vec{u}(3\,;\,-2) et \vec{v}(4\,;\,5) : \begin{aligned}\vec{u} \cdot \vec{v} &= 12 - 10 \\ &= 2\end{aligned}
🎮 Entraîne-toi : le calcul en coordonnées
xx' + yy' : deux produits, une somme.
🎮 Entraîne-toi : les normes
‖u‖ = racine de x² + y² : Pythagore vectoriel.
🎮 Entraîne-toi : la formule du cosinus
‖u‖ × ‖v‖ × cos(angle). Les valeurs utiles : cos(0°) = 1, cos(60°) = 0,5, cos(90°) = 0, cos(120°) = −0,5, cos(180°) = −1.

II. L'orthogonalité


Le critère de l'angle droit \begin{aligned}\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 &\iff \vec{u} \perp \vec{v}\end{aligned} (vecteurs orthogonaux).
C'est LE critère algébrique de l'angle droit : en coordonnées, xx' + yy' = 0. Exemple : (2 ; 3) ⊥ (−3 ; 2) car −6 + 6 = 0. Astuce à retenir : (a ; b) est toujours orthogonal à (−b ; a).
⚠️ Un produit scalaire nul n'exige pas un vecteur nul Contrairement au produit de nombres, \vec{u} \cdot \vec{v} = 0 n'impose PAS \vec{u} = \vec{0} ou \vec{v} = \vec{0} : deux vecteurs non nuls perpendiculaires suffisent. On ne « simplifie » jamais par un vecteur.
🧭 Atelier : fais tourner \vec{v} et cherche le zéro
\vec{u} ne bouge pas, \vec{v} tourne autour de O : sa longueur ne change jamais. Pourtant le produit scalaire, lui, passe du positif au négatif. Trouve les deux positions où il vaut exactement 0.
Aux deux positions où la jauge tombe à zéro, aucun des deux vecteurs n'est nul : ils sont simplement perpendiculaires. C'est toute la différence avec un produit de nombres.
🎮 Entraîne-toi : orthogonaux ou pas ?
Produit scalaire nul = angle droit.

III. Les identités avec les normes


Développer des carrés de normes Ce sont les identités remarquables des vecteurs : on retrouve exactement (a+b)^2 = a^2 + 2ab + b^2 et {(a-b)^2 = a^2 - 2ab + b^2}, avec la norme au carré à la place du carré et le produit scalaire à la place du produit. Le produit scalaire se développe en effet comme un produit de nombres (bilinéarité, symétrie) :
  • \|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2 ;
  • \|\vec{u} - \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 - 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2 ;
  • d'où la polarisation : \vec{u} \cdot \vec{v} = \dfrac{1}{2}\left(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 - \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\right).
Utile quand on ne connaît QUE des longueurs : le produit scalaire s'en déduit sans angle ni coordonnées.
📏 Atelier : pourquoi la diagonale s'allonge
Déplace le bout de \vec{v}. Le parallélogramme se déforme, mais \|\vec{u}\| et \|\vec{v}\| ne changent pas de rôle : seule la diagonale \|\vec{u}+\vec{v}\| réagit. Ce qui la fait grandir ou rétrécir, c'est le double produit 2\,\vec{u} \cdot \vec{v}.
la diagonale au carré
‖u + v‖²
les deux côtés
‖u‖² + ‖v‖²
le terme qui fait tout
2 u·v
Les deux diagonales du parallélogramme sont \vec{u}+\vec{v}\, et \vec{u}-\vec{v} : quand l'une s'allonge, l'autre raccourcit. Elles sont de même longueur exactement lorsque \vec{u} \cdot \vec{v} = 0, c'est-à-dire quand le parallélogramme est un rectangle.

IV. Al-Kashi : le Pythagore des triangles quelconques


La formule d'Al-Kashi Dans un triangle ABC (côtés a = BC, b = AC, c = AB) :
a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos(\hat{A})
Elle tourne avec les trois sommets, l’angle étant toujours celui opposé au côté cherché :
b^2 = a^2 + c^2 - 2ac\cos(\hat{B})
c^2 = a^2 + b^2 - 2ab\cos(\hat{C})
Et lue à l’envers, elle donne un angle à partir des trois côtés :
\cos(\hat{A}) = \dfrac{b^2 + c^2 - a^2}{2bc}
Si \hat{A} est droit, \cos(\hat{A}) = 0 et on retrouve Pythagore : Al-Kashi en est la généralisation à TOUS les triangles. Chaque côté au carré = somme des carrés des deux autres − 2 fois leur produit fois le cosinus de l’angle opposé.
🔺 Atelier : Al-Kashi, c'est Pythagore plus une correction
Les deux côtés b et c gardent la même longueur : seul l'angle bouge. Regarde la barre du bas : elle part toujours de b^2 + c^2, et le terme -2bc\cos(\hat{A}) vient en retirer ou en ajouter.
Un seul angle vaut zéro correction : 90°, parce que \cos(90°) = 0. Pythagore n'est donc pas un autre théorème, c'est le cas particulier d'Al-Kashi où le terme correcteur disparait.
Exemple rédigé b = 5, c = 8, Â = 60° (cos = 1/2) : \begin{aligned}a^2 &= 25 + 64 - 2 \times 5 \times 8 \times \dfrac{1}{2} \\ &= 89 - 40 \\ &= 49\end{aligned} Donc a = 7.
Pour l’angle à partir des trois côtés, on lit la formule à l’envers (voir l’encadré ci-dessus).
👆 À toi : b = 3, c = 5, Â = 120° (cos = −1/2). Calcule a. Vérifie
\begin{aligned}a^2 &= 9 + 25 - 2 \times 3 \times 5 \times \left(-\dfrac{1}{2}\right) \\ &= 34 + 15 \\ &= 49\end{aligned} Donc a = 7 (l'angle obtus ALLONGE le troisième côté : le signe du cosinus fait tout).
🎮 Entraîne-toi : Al-Kashi
b² + c² − 2bc cos(Â) : attention au signe du cosinus.