Fiche d'exercices : Les indices
8 exercices progressifs ⭐ → ⭐⭐⭐ : cherche d'abord, la correction est sous chaque énoncé
Échauffement
- Calcule l'indice élémentaire I(2024/2019), en base 100 en 2019.
- Déduis-en le taux de croissance du prix de l'abonnement entre 2019 et 2024, en %.
👆 ▶ Correction de l'exercice 1
- Calcule l'indice de répartition du poste « logement » dans le budget total.
- Calcule l'indice de répartition du poste « transport ».
- Ce calcul compare-t-il deux DATES, ou une partie à un tout ? Justifie en une phrase.
👆 ▶ Correction de l'exercice 2
2. \begin{aligned}I_{\text{transport}} &= 100 \times \frac{300}{2\,000} \\ &= 15\end{aligned} : le transport représente 15 % du budget.
3. C'est un indice de répartition : il compare une PARTIE (une catégorie de dépense) à un TOUT (le budget total), à une date donnée ; ce n'est pas une comparaison entre deux dates différentes, contrairement à un indice de variation.
Le cœur du chapitre
- Par transférabilité, calcule I(2024/2015) (base 100 en 2015).
- Le prix du gaz a-t-il globalement augmenté ou baissé entre 2015 et 2024 ? De combien de % ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 3
Remarque : on ne pouvait pas additionner les taux, +5 et −4, qui donneraient faussement +1 %. La baisse de 4 % de la seconde période s'applique à un prix DÉJÀ augmenté de 5 %, pas au prix de 2015 : les taux s'enchaînent par produit, jamais par somme.
- Rebase cette série en base 100 en 2018 : calcule les nouvelles valeurs pour 2012 et pour 2024.
- Vérifie que l'évolution entre 2018 et 2024 est identique dans les deux bases.
👆 ▶ Correction de l'exercice 4
2. Dans la série d'origine : hausse de 120 à 132 entre 2018 et 2024, soit \frac{132-120}{120} \times 100 = 10 %. Dans la série rebasée : hausse de 100 à 110, soit \frac{110-100}{100} \times 100 = 10 % également : le changement de base ne modifie jamais les taux de croissance, seulement l'échelle de lecture.
| Bien | p₀ (2019) | q₀ (2019) | pₜ (2024) | qₜ (2024) |
|---|---|---|---|---|
| A | 3 € | 6 | 4 € | 4 |
| B | 1 € | 20 | 1,50 € | 25 |
| C | 6 € | 3 | 5 € | 2 |
- Calcule la dépense totale en 2019 (Σp₀q₀), puis le coût du panier de 2019 aux prix de 2024 (Σpₜq₀).
- Calcule l'indice de Laspeyres des prix L(2024/2019).
- Calcule le coût du panier de 2024 aux prix de 2019 (Σp₀qₜ), puis la dépense totale en 2024 (Σpₜqₜ).
- Calcule l'indice de Paasche des prix P(2024/2019).
👆 ▶ Correction de l'exercice 5
2. \begin{aligned}L(2024/2019) &= 100 \times \dfrac{69}{56} \\ &\approx 123{,}21\end{aligned}3. \begin{aligned}\Sigma p_0 q_t &= 3\times4 + 1\times25 + 6\times2 \\ &= 12+25+12 \\ &= 49\end{aligned} €. \begin{aligned}\Sigma p_t q_t &= 4\times4 + 1{,}5\times25 + 5\times2 \\ &= 16+37{,}5+10 \\ &= 63{,}5\end{aligned} €.
4. \begin{aligned}P(2024/2019) &= 100 \times \dfrac{63{,}5}{49} \\ &\approx 129{,}59\end{aligned}
- Calcule l'indice de Fisher des prix F(2024/2019) (arrondi au centième).
- Le cours annonce que Laspeyres SURESTIME en général la hausse du coût de la vie, donc qu'on s'attend à L > P. Ici c'est l'inverse. Calcule d'abord la variation de prix de chaque bien EN POURCENTAGE, compare-la au sens de variation de sa quantité, et explique le résultat.
👆 ▶ Correction de l'exercice 6
2. Variation de prix de chaque bien, et sens de variation de sa quantité :
| Bien | Prix | Variation du prix | Quantité | Sens |
|---|---|---|---|---|
| A | 3 → 4 € | \frac{4}{3} \approx 1{,}33, soit +33 % | 6 → 4 | baisse |
| B | 1 → 1,50 € | \frac{1{,}5}{1} = 1{,}5, soit +50 % | 20 → 25 | hausse |
| C | 6 → 5 € | \frac{5}{6} \approx 0{,}83, soit −17 % | 3 → 2 | baisse |
Or Paasche pondère par les quantités de 2024, donc il donne plus de poids au bien B (+50 % de prix) que ne le fait Laspeyres, qui le pondère par les quantités de 2019. Mécaniquement, P > L ici.
Interprétation du résultat : la règle « Laspeyres surestime » n'est pas une identité mathématique, c'est une tendance empirique, valable tant que les consommateurs délaissent effectivement ce qui renchérit. Quand ce n'est pas le cas, l'inégalité s'inverse.
Remarque : une quantité qui augmente malgré une forte hausse de prix n'a rien d'absurde en économie. C'est ce qu'on observe pour les biens de première nécessité, difficiles à remplacer, ou lorsqu'un autre facteur (revenu, mode, démographie) pousse la consommation à la hausse plus fort que le prix ne la freine.
Pour aller plus loin
- Calcule les indices de quantité de Laspeyres et de Paasche, L_qté(2024/2019) et P_qté(2024/2019).
- Calcule directement l'indice de valeur V(2024/2019) = 100 × Σpₜqₜ / Σp₀q₀.
- Vérifie que V = L_prix × P_qté / 100, à l'arrondi près.
👆 ▶ Correction de l'exercice 7
Interprétation du résultat : la dépense totale du ménage a augmenté d'environ 13,4 %, et cette hausse se décompose en deux effets de sens contraire :
- un effet-prix à la hausse : les prix ont augmenté d'environ 23 % (L_{\text{prix}} \approx 123{,}2) ;
- un effet-quantité à la baisse : L_{\text{qté}} = 87{,}5 compare les quantités de 2024 à celles de 2019 en figeant les prix à ceux de 2019. À prix constants, le panier de 2024 coûte 49 € contre 56 € pour celui de 2019 : le ménage achète donc environ 12,5 % de biens en moins qu'en 2019.
Remarque : c'est bien parce qu'on fige les prix qu'un indice de QUANTITÉ a un sens. Additionner directement des quantités hétérogènes (des kilos, des litres, des unités) ne voudrait rien dire ; les valoriser à prix constants leur donne une unité commune, l'euro de 2019.
- Calcule le taux de croissance NOMINAL du salaire entre 2015 et 2024.
- Calcule le salaire de 2024 en euros constants de 2015 (salaire déflaté).
- Que peux-tu en conclure sur l'évolution du pouvoir d'achat de ce salarié entre 2015 et 2024 ?
- Ce salarié a aussi changé d'ordinateur professionnel en 2024 : le nouveau modèle, au même prix que l'ancien, est bien plus puissant. Pourquoi comparer seulement les prix bruts des deux ordinateurs surestimerait-il l'inflation réellement subie par le salarié sur ce poste de dépense ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 8
2. \begin{aligned}\text{Salaire réel (2024)} &= 3\,200 \times \dfrac{100}{128} \\ &= 2\,500\end{aligned}3. Interprétation du résultat : le salaire réel de 2024, exprimé en euros de 2015, est EXACTEMENT 2 500 € : identique au salaire nominal de 2015. Le pouvoir d'achat de ce salarié n'a donc pas progressé du tout entre 2015 et 2024, malgré une hausse nominale de 28 % qui, lue seule sur une fiche de paie, semble confortable : toute la hausse nominale a été absorbée par l'inflation (l'IPC a lui aussi augmenté de 28 % sur la période).
4. Une partie de la différence de prix entre les deux ordinateurs (ici nulle, puisqu'ils sont au même prix) rémunérerait normalement une AMÉLIORATION RÉELLE de qualité (puissance, capacités), pas une perte de pouvoir d'achat : à qualité constante, le prix « équivalent » du nouvel ordinateur est en réalité INFÉRIEUR à celui de l'ancien. Comparer les prix bruts sans corriger l'effet de qualité conduirait donc à SURESTIMER l'inflation réellement subie sur ce poste de dépense.