Fiche d'exercices Logimaths | L1 Éco, Organisation et management

Fiche d'exercices : Organisations et management, les notions de base

8 questions corrigées ⭐ → ⭐⭐⭐ : cherche d'abord, la correction est sous chaque énoncé

Échauffement : les questions de cours


Exercice 1 : Définir l'organisation Question de cours, à traiter comme à l'examen : une définition, puis ses caractéristiques, puis un exemple qui prouve que tu as compris.
  1. Définis la notion d'organisation.
  2. Cite et explique ses quatre caractéristiques.
  3. Distingue l'organisation formelle de l'organisation informelle, et donne un exemple de chacune.
  4. Une file d'attente devant un guichet est-elle une organisation ? Justifie.
📘 Revoir le cours : I. Qu'est-ce qu'une organisation
👆 Correction de l'exercice 1
1. Une organisation est un ensemble de personnes qui coordonnent volontairement leurs actions et leurs moyens, de façon durable, en vue d'un but commun qu'aucune d'elles n'atteindrait seule.
2. Quatre caractéristiques :
  • un objectif précis, connu et partagé par les membres ;
  • des personnes aux compétences distinctes, chacune tenant un rôle identifié ;
  • une communication formalisée : on sait qui informe qui, et comment ;
  • des règles, des procédures et un contrôle, qui font que l'ensemble tient même quand les personnes changent.
3. L'organisation formelle est celle des documents : organigramme, fiches de poste, procédures. Elle est voulue et écrite (exemple : la fiche de poste qui prévoit que toute panne remonte au chef d'équipe). L'organisation informelle se forme d'elle-même : affinités, entraide, circuits d'information parallèles (exemple : dans le même atelier, tout le monde appelle d'abord le technicien le plus expérimenté, qui répare en dix minutes).
4. Non. Il y manque le but commun (chacun poursuit son propre but), les rôles distincts, la durée et les règles internes. Un simple rassemblement de personnes au même endroit n'est pas une organisation.
Le test le plus sûr : un groupe n'est une organisation que s'il survit au départ de l'un de ses membres.

Remarque : l'organisation informelle n'est pas le désordre. C'est une seconde organisation, non écrite, qui peut soutenir la première comme la contourner : c'est exactement le point qu'étudie Crozier, pour qui l'organisation est un construit social où chacun négocie sa marge de manœuvre.

Exercice 2 : Classer six organisations Pour chacune des organisations suivantes, indique si ses ressources sont principalement marchandes ou non marchandes, si son but est lucratif ou non lucratif, et justifie en une ligne.
Organisation
1Une conserverie régionale, société par actions simplifiée de 120 salariés
2Une médiathèque municipale, entrée libre, adhésion annuelle de 12 €
3Une association qui gère une salle d'escalade : 900 licences vendues 180 €, aucune subvention
4Un collège public
5Une coopérative de producteurs de fruits qui vend en circuit court
6Une compagnie de transport ferroviaire détenue par l'État, qui vend ses billets
📘 Revoir le cours : II. Marchand ou non marchand, lucratif ou non
👆 Correction de l'exercice 2
La méthode est toujours la même, et dans cet ordre : d'où vient l'argent, puis que devient le résultat. Les deux questions sont indépendantes.
RessourcesButJustification
1marchandeslucratifelle vend sa production à un prix qui couvre ses coûts, et ses associés peuvent se partager le bénéfice
2non marchandesnon lucratifl'adhésion de 12 € ne couvre pas le coût du service : l'essentiel vient du budget communal
3marchandesnon lucratifles licences financent l'activité, mais l'excédent ne peut pas être distribué aux adhérents
4non marchandesnon lucratiffinancement public, service rendu gratuitement aux usagers
5marchandesnon lucratif au sens strictelle vend, mais le résultat sert d'abord les membres en tant que producteurs ; elle relève de l'économie sociale et solidaire
6marchandeslucratifelle vend ses billets et cherche l'équilibre financier : être publique ne la rend pas non marchande
Deux pièges étaient tendus :
l'organisation 3 montre qu'une association peut être marchande (elle vend, et cela couvre son coût) ; l'organisation 6 montre qu'une entreprise publique n'est pas non marchande (la propriété n'a rien à voir avec l'origine des ressources).
Conclusion : répondre « non marchande parce que c'est une association » ou « non marchande parce que c'est public » est l'erreur type de ce chapitre.
Exercice 3 : Vrai ou faux ? Justifie chaque réponse⭐⭐ Ces cinq affirmations sont fausses ou incomplètes. La justification EST la réponse : dire « faux » sans expliquer ne vaut aucun point.
  1. « Une association n'a pas le droit de faire de bénéfice. »
  2. « Toute organisation est une entreprise, puisqu'elle est organisée. »
  3. « Le manager, c'est le directeur général ; un chef d'équipe n'est pas un manager. »
  4. « Une SARL est plus sûre qu'une SAS, parce qu'elle exige un capital minimum. »
  5. « Une décision qui engage 200 000 € est forcément une décision stratégique. »
📘 Revoir le cours : VII. Qu'est-ce que le management
👆 Correction de l'exercice 3
1. Faux. Une association peut parfaitement vendre et dégager un excédent. Ce que la loi du 1er juillet 1901 lui interdit, c'est de partager cet excédent entre ses membres : il doit rester dans l'association et financer son activité. La différence porte sur la destination du résultat, pas sur son existence.
2. Faux. L'entreprise est un type d'organisation, celui qui produit pour vendre sur un marché et constitue un centre de décision autonome. Une mairie, un syndicat, un hôpital public ou une association sont des organisations sans être des entreprises.
3. Faux. Est manager toute personne de la ligne hiérarchique qui obtient des résultats par le travail d'autres personnes. Un chef d'équipe de cinq personnes planifie, organise, anime et contrôle : il fait le même travail qu'un directeur général, avec un horizon plus court et une portée plus réduite.
4. Faux, deux fois. D'abord la SARL n'exige aucun capital minimum (1 € suffit) : la seule forme à capital minimum est la SA, avec 37 000 €. Ensuite, la responsabilité est limitée aux apports dans les deux cas : ce qui les distingue est la souplesse (la SAS organise librement le pouvoir dans ses statuts, la SARL applique un cadre légal détaillé), pas la sécurité.
5. Faux. Le montant ne classe pas une décision : ce sont l'horizon, la portée et la réversibilité. Une commande de matières premières de 200 000 € répétée chaque mois et ajustable reste opérationnelle ; le choix d'un fournisseur unique pour cinq ans est stratégique, même pour un montant annuel plus faible.

Le cœur du chapitre


Exercice 4 : Mini-cas : quel statut juridique choisir ?⭐⭐ Deux amies veulent ouvrir un atelier de torréfaction de café.
Leur situation, à la date du projet :
  • elles sont deux et souhaitent rester seules maîtresses des décisions ;
  • elles apportent 8 000 € chacune, et rien de plus ;
  • l'une est propriétaire de son logement et refuse de le mettre en jeu ;
  • l'activité suppose d'acheter du café vert par lots, donc de s'endetter à court terme ;
  • elles n'envisagent aucun investisseur extérieur avant longtemps.
  1. Écarte, en justifiant, les statuts qui ne conviennent pas : EI, EURL, SASU, SA, SNC.
  2. Entre SARL et SAS, laquelle conseilles-tu ? Justifie.
  3. Que se passerait-il, pour le logement de l'associée, si l'atelier ne pouvait pas rembourser ses fournisseurs ?
📘 Revoir le cours : IV. Les statuts juridiques
👆 Correction de l'exercice 4
1. On applique la méthode du cours, question par question.
Statut écartéMotif
EIl'entreprise individuelle n'admet aucun associé : elles sont deux
EURLSARL à associé unique : même motif
SASUSAS à associé unique : même motif
SAcapital minimum de 37 000 €, hors de portée avec 16 000 € ; forme surdimensionnée pour deux personnes
SNCresponsabilité indéfinie et solidaire : un fournisseur impayé pourrait réclamer toute la dette à une seule associée, sur son patrimoine personnel. C'est exactement le risque qu'elles refusent
2. Restent la SARL et la SAS : toutes deux limitent la responsabilité aux apports, et aucune n'exige de capital minimum. On les départage sur la souplesse et l'ouverture du capital :
  • la SAS organise librement le pouvoir dans ses statuts : son avantage décisif est l'accueil d'investisseurs, que le cas exclut expressément ;
  • la SARL applique un cadre légal détaillé : moins souple, mais plus protecteur pour deux associées à parts égales qui veulent rester seules décideuses, et moins coûteux en rédaction de statuts.
Conclusion : la SARL, avec un capital de 16 000 € réparti à parts égales. La SAS reste défendable et vaudrait les points, à condition de justifier par la souplesse statutaire : en droit des sociétés, une réponse d'examen se juge sur le raisonnement, pas sur le nom cité.
3. En SARL, la responsabilité est limitée aux apports : les créanciers de la société ne peuvent saisir que le patrimoine social, et l'associée perdrait au maximum ses 8 000 €. Son logement est protégé, puisqu'il appartient à son patrimoine personnel, distinct de celui de la personne morale.
Interprétation du résultat : cette protection tombe dans deux cas qu'un banquier connaît bien. Si elle se porte caution personnelle d'un emprunt de la société, elle s'engage à titre personnel, et son logement redevient exposé ; en cas de faute de gestion, sa responsabilité de dirigeante peut également être recherchée.

Remarque : le même raisonnement, mené par une créatrice seule, donnerait EI, EURL ou SASU. Depuis la loi du 14 février 2022, même l'entrepreneur individuel dispose de plein droit de deux patrimoines séparés : son logement n'est plus exposé aux créanciers professionnels.

Exercice 5 : Fayol et le processus de management⭐⭐ Question de cours, puis application.
  1. Cite les cinq fonctions de l'administration selon Fayol, et explique chacune en une ligne.
  2. Cite quatre de ses 14 principes et explique ce qu'ils cherchent à éviter.
  3. Quelle différence fais-tu entre Taylor et Fayol ?
  4. Dans une entreprise fictive de nettoyage industriel, un agent reçoit chaque matin les consignes de son chef de secteur et, l'après-midi, des consignes contraires du responsable des contrats. Quel principe est violé, et avec quelles conséquences ?
📘 Revoir le cours : VIII. Fayol : administrer, c'est cinq choses
👆 Correction de l'exercice 5
1. Pour Fayol (1916), administrer, c'est :
  1. Prévoir : examiner l'avenir et établir le programme d'action ;
  2. Organiser : constituer le corps social et matériel de l'entreprise ;
  3. Commander : faire fonctionner le personnel ;
  4. Coordonner : relier, unir et harmoniser les actes et les efforts ;
  5. Contrôler : veiller à ce que tout se déroule conformément aux règles et aux ordres donnés.
Moyen mnémotechnique : P.O.C.C.C.
2. Quatre principes possibles, parmi les quatorze :
PrincipeCe qu'il cherche à éviter
Unité de commandementles ordres contradictoires et la dilution de la responsabilité
Unité de directiondeux programmes concurrents pour un même but
Division du travailla dispersion : on gagne en compétence en répétant la même tâche
Équitél'arbitraire, qui détruit l'adhésion plus vite que la sévérité
Stabilité du personnelle coût de la rotation permanente : un salarié qui part emporte son savoir-faire
3. Ils n'observent pas le même étage de l'organisation. Taylor regarde l'atelier : il cherche la meilleure façon d'exécuter une tâche et sépare la conception de l'exécution. Fayol regarde la direction : il s'adresse aux dirigeants et fait du management une discipline enseignable. Les deux sont contemporains et rangés dans l'école classique ; ils ne répondent pas à la même question.
4. Le principe violé est l'unité de commandement : un subordonné ne doit recevoir d'ordres que d'un seul chef. Ici, deux lignes d'autorité se croisent sur le même agent.
Trois conséquences : une perte de temps (l'agent arbitre au lieu de travailler), une démotivation (quoi qu'il fasse, il a tort pour l'un des deux), et surtout une dilution de la responsabilité (personne ne répondra du résultat).
La correction relève du principe de hiérarchie : désigner qui tranche, ou placer le responsable des contrats en position de conseil, sans autorité directe sur les agents.
Exercice 6 : Mini-cas : trois décisions à classer⭐⭐ Une conserverie fictive de 120 salariés prend, la même semaine, les trois décisions suivantes :
Décision
Alancer une gamme de plats cuisinés et construire une deuxième usine dans une autre région, pour un investissement étalé sur cinq ans
Brecruter dix opérateurs en contrat d'un an et acheter une ligne de conditionnement de 200 000 €
Cmodifier le planning de la semaine pour absorber une commande imprévue
  1. Classe chaque décision (stratégique, tactique, opérationnelle) et justifie par l'horizon, la portée et la réversibilité.
  2. Qui prend chacune de ces décisions dans l'organisation ?
  3. La décision B engage plus d'argent que la C, et pourtant elle n'est pas stratégique. Explique.
  4. Reformule la décision A en un objectif SMART.
📘 Revoir le cours : X. Les niveaux de décision
👆 Correction de l'exercice 6
1. On applique les deux questions du cours : combien de temps l'organisation vivra-t-elle avec cette décision, et que coûterait le retour en arrière ?
NiveauHorizonPortéeRéversibilité
Astratégiquecinq ans et au-delàl'entreprise entière et sa position sur le marchétrès faible : une usine ne se revend ni vite ni sans perte
Btactiqueun à deux ansl'allocation des ressources d'un ateliermoyenne : on peut ne pas renouveler les contrats et revendre la ligne
Copérationnellela semaineune équipe, une commandeforte : le planning se refait le lendemain
2. A relève de la direction générale ; B de l'encadrement intermédiaire (responsable de production, avec accord budgétaire) ; C de l'encadrement de proximité (chef d'équipe).
3. Parce que le montant n'est pas un critère de classement. Ce qui classe une décision, c'est l'horizon, la portée et la réversibilité. La ligne de conditionnement s'inscrit dans une stratégie déjà arrêtée : elle en est la mise en œuvre, ce qui est la définition même du niveau tactique. Elle est de surcroît réversible à un coût réel mais supportable.
Interprétation du résultat : c'est la décision A qui a rendu la décision B nécessaire. Le niveau d'une décision se lit dans sa place dans la chaîne, pas dans son prix.
4. Une reformulation SMART possible : « réaliser 25 % du chiffre d'affaires avec la gamme de plats cuisinés d'ici la fin de la cinquième année, grâce à une deuxième usine mise en service au plus tard au terme de la troisième année. »
Les cinq critères y sont : S la gamme de plats cuisinés, M 25 % du chiffre d'affaires, A l'usine et l'investissement prévus, R la diversification répond à une demande identifiée, T cinq ans, avec un jalon à trois ans.
Exercice 7 : Mini-cas : qualifier trois organisations et leur taille⭐⭐⭐ Voici trois organisations fictives. Pour chacune : dis de quel type d'organisation il s'agit, précise si ses ressources sont marchandes, indique son but, et, quand la question a un sens, détermine sa catégorie de taille.
OrganisationDonnées
AUn équipementier automobile, société anonyme1 800 salariés ; chiffre d'affaires 620 millions d'euros ; total de bilan 410 millions d'euros
BUne association d'aide aux devoirs3 salariés et 40 bénévoles ; ressources : 55 000 € de subventions, 9 000 € de cotisations, 4 000 € de dons
CUn atelier de reliure, entreprise individuelle8 salariés ; chiffre d'affaires 1,4 million d'euros ; total de bilan 0,9 million d'euros
  1. Traite les trois cas.
  2. L'organisation C double son chiffre d'affaires et passe à 12 salariés. Change-t-elle de catégorie ? Justifie précisément.
  3. L'organisation A est rachetée par un groupe étranger qui la transforme en filiale. Reste-t-elle une entreprise ?
📘 Revoir le cours : V. Les tailles d'entreprise
👆 Correction de l'exercice 7
1. On rappelle la règle avant de l'appliquer : la catégorie de taille se détermine par l'effectif ET (le chiffre d'affaires OU le total de bilan), en testant dans l'ordre microentreprise, PME, ETI.

Organisation A. Entreprise privée, société de capitaux ; ressources marchandes, but lucratif. Effectif de 1 800 : ce n'est ni une microentreprise (moins de 10), ni une PME (moins de 250). Test ETI : l'effectif est inférieur à 5 000, le chiffre d'affaires de 620 millions d'euros reste sous 1 500 millions et le bilan sous 2 000 millions. C'est une ETI.

Organisation B. Association relevant de la loi du 1er juillet 1901 ; ressources non marchandes (subventions, cotisations et dons représentent la totalité des 68 000 €), but non lucratif. La catégorie de taille du décret de 2008 concerne les entreprises : la question n'a pas de sens ici, et le dire vaut mieux que forcer une réponse. On peut ajouter que le bénévolat des 40 personnes est une ressource majeure qui n'apparaît dans aucun de ces montants.

Organisation C. Entreprise privée en entreprise individuelle : pas de personnalité morale distincte, mais un patrimoine professionnel séparé de plein droit depuis la loi du 14 février 2022. Ressources marchandes, but lucratif. Effectif de 8, soit moins de 10 ; chiffre d'affaires de 1,4 million d'euros, inférieur à 2 millions. C'est une microentreprise au sens statistique.
2. Avec 12 salariés, le critère d'effectif de la microentreprise (moins de 10) n'est plus rempli : la catégorie est écartée, et le chiffre d'affaires de 2,8 millions d'euros n'y change rien, puisque l'effectif est un critère obligatoire. Test suivant : moins de 250 salariés, chiffre d'affaires très inférieur à 50 millions d'euros. Elle devient une PME.
3. Oui. Elle continue de produire et de vendre sur un marché, elle conserve sa personnalité juridique et son patrimoine. Ce qu'elle perd, c'est une part de son autonomie de décision : la stratégie est désormais arrêtée par la société mère, qui contrôle la majorité des droits de vote. Juridiquement deux sociétés distinctes, économiquement un seul centre de décision : c'est la définition même du groupe.

Remarque : ne jamais confondre la microentreprise, catégorie statistique de taille, avec le micro-entrepreneur, qui est un régime fiscal et social simplifié réservé à une personne physique. L'organisation C est une microentreprise ; avec 8 salariés et 1,4 million d'euros de recettes, elle est très au-dessus des plafonds du régime du micro-entrepreneur.

Pour aller plus loin


Exercice 8 : Mini-cas de synthèse : diagnostiquer avant de décider⭐⭐⭐ Une torréfaction artisanale fictive, SARL de 14 salariés, vend en boutique et à des cafés de sa région. Sa dirigeante réunit les éléments suivants :
  • un savoir-faire de torréfaction reconnu et une clientèle fidèle ;
  • un seul importateur fournit 80 % de son café vert ;
  • aucune vente en ligne, et un site vitrine qui date ;
  • la consommation de cafés de spécialité progresse nettement dans la région ;
  • deux torréfacteurs se sont installés à moins de 30 km en dix-huit mois ;
  • les machines à dosettes des grandes marques gagnent du terrain chez les particuliers ;
  • une mauvaise récolte a renchéri le café vert de 20 % l'an dernier.
  1. Range ces éléments dans une matrice SWOT.
  2. Analyse le secteur avec les cinq forces de Porter. Quelle force est ici la plus menaçante ?
  3. Identifie la composante de l'environnement à l'origine de la hausse du prix du café vert.
  4. Propose une décision stratégique et une décision opérationnelle cohérentes avec ce diagnostic.
  5. L'entreprise est-elle réactive ou proactive ? Que faudrait-il changer ?
📘 Revoir le cours : XI. L'environnement et les outils pour l'analyser
👆 Correction de l'exercice 8
1. Le tri se fait avec un seul test : l'élément disparaîtrait-il avec l'entreprise ? Si oui, il est interne (force ou faiblesse) ; s'il existerait encore sans elle, il est externe (opportunité ou menace).
FavorableDéfavorable
InterneForces : savoir-faire de torréfaction reconnu, clientèle fidèleFaiblesses : dépendance à un fournisseur pour 80 % des achats, absence de vente en ligne
ExterneOpportunités : progression de la demande de cafés de spécialité dans la régionMenaces : deux nouveaux concurrents à moins de 30 km, montée des machines à dosettes, renchérissement du café vert
2. Les cinq forces, une par une :
  • Pouvoir de négociation des fournisseurs : très fort. Un importateur unique pour 80 % des achats fixe ses conditions ; changer prendrait du temps et supposerait de retrouver une qualité équivalente.
  • Nouveaux entrants : force réelle. Deux installations en dix-huit mois montrent que les barrières à l'entrée sont faibles.
  • Produits de substitution : force réelle. Les dosettes rendent le même service final, avec un autre modèle économique.
  • Rivalité entre concurrents : en hausse, du fait des deux installations récentes.
  • Pouvoir de négociation des clients : modéré pour les particuliers (achats unitaires, clientèle fidèle), plus élevé pour les cafés de la région, qui achètent en volume et disposent désormais de plusieurs offres.
La force la plus menaçante est le pouvoir du fournisseur : c'est la seule qui puisse, à elle seule, arrêter la production. Les autres pèsent sur la marge ; celle-là pèse sur l'existence.
3. La hausse du café vert vient d'une mauvaise récolte : c'est la composante écologique de l'environnement (climat et ressources naturelles), qui se transmet ensuite à la composante économique par le prix des matières premières.
4. Deux décisions cohérentes avec ce diagnostic :
  • Stratégique : diversifier les approvisionnements en référençant deux importateurs supplémentaires sur trois ans, pour ramener le premier fournisseur sous 50 % des achats. Horizon long, portée générale, retour en arrière coûteux : c'est bien une décision stratégique, et elle traite la faiblesse la plus dangereuse.
  • Opérationnelle : mettre en place, dès le mois prochain, une commande en ligne avec retrait en boutique, en réutilisant le site existant. Horizon court, portée limitée, entièrement réversible.
5. L'entreprise est aujourd'hui réactive : elle subit la hausse des prix, constate l'arrivée des concurrents et n'a pas anticipé le déplacement des achats vers le numérique.
Devenir proactive supposerait d'agir avant que le changement ne s'impose : sécuriser les approvisionnements par des contrats pluriannuels, occuper le terrain de la vente en ligne pendant que la demande de cafés de spécialité progresse, et transformer le savoir-faire en avantage difficile à copier (ateliers de dégustation, abonnements, torréfaction à la commande).
Interprétation du résultat : le SWOT ne décide rien par lui-même. Sa valeur tient à la question qu'il permet de poser ensuite : quelle force mettre au service de quelle opportunité, et quelle faiblesse corriger avant qu'une menace ne l'exploite ?

Remarque : dans une copie, on attend l'ordre suivant, et il vaut des points à lui seul : d'abord le diagnostic (SWOT, Porter), ensuite les décisions, et jamais l'inverse. Proposer une solution avant d'avoir posé le diagnostic est la faute de méthode la plus fréquente sur ce type de sujet.