Fiche de cours : Le manager et les styles de management
Ce que fait vraiment un manager, et pourquoi il n'existe pas un seul bon style
I. Qui est le manager ?
Trois éléments composent cette définition, et ils tombent souvent séparément à l'examen :
- une autorité, c'est-à-dire un pouvoir légitime de décider et de faire appliquer ;
- des personnes placées sous cette autorité : sans équipe, il n'y a pas de management, seulement du travail ;
- une responsabilité de résultat : le manager répond de ce que son équipe produit, y compris de ce qu'il n'a pas fait lui-même.
- Certaines activités restent réservées à la direction : définir la finalité, arrêter la stratégie, engager les capitaux, nommer les cadres, représenter l'organisation à l'extérieur.
- Les autres se délèguent : organiser un service, recruter dans une équipe, arbitrer un planning, contrôler une production.
- fixer des objectifs et les faire connaître ;
- organiser : découper le travail, répartir les rôles ;
- motiver et communiquer, ce qui suppose d'écouter autant que de parler ;
- mesurer la performance à l'aide d'indicateurs connus de tous ;
- former les personnes, y compris son propre successeur.
👆 ▶ À toi : un développeur très expérimenté travaille seul, choisit ses priorités et rend un travail excellent. Est-il un manager ? Vérifie
Un expert reconnu peut d'ailleurs exercer une influence réelle sur ses collègues sans détenir la moindre autorité formelle : c'est du leadership, notion que la partie VII distingue soigneusement du management.
Conclusion : expert, oui ; leader informel, peut-être ; manager, non.
II. Les trois niveaux de management
| Top management | Middle management | Management de proximité | |
|---|---|---|---|
| Qui | direction générale, comité de direction | directeurs de service, responsables de site | chefs d'équipe, contremaîtres, responsables de rayon |
| Horizon | plusieurs années | de quelques mois à deux ou trois ans | la journée, la semaine |
| Décisions | stratégiques | tactiques (ou administratives) | opérationnelles |
| Question posée | où allons-nous ? | avec quels moyens, et dans quel ordre ? | qui fait quoi aujourd'hui ? |
| Interlocuteurs | actionnaires, banques, pouvoirs publics, presse | autres services, direction, encadrement de proximité | l'équipe, les clients, les fournisseurs directs |
| Exemple (atelier de vélos fictif) | ouvrir un second atelier dans une autre ville | recruter trois mécaniciens et réorganiser le service après-vente | établir le planning de la semaine et répartir les réparations urgentes |
- Commander pour 150 000 € de pièces détachées chaque mois est une décision opérationnelle : elle se répète et s'ajuste.
- Signer avec un fournisseur unique pour cinq ans est une décision stratégique, même si le montant annuel est plus faible : on renonce à toute alternative pendant cinq ans.
III. Les tâches du dirigeant, et à quoi ressemble sa journée
| Tâche | Ce qu'elle recouvre | Exemple (atelier de vélos fictif) |
|---|---|---|
| 1. Finaliser | définir la finalité, la traduire en objectifs chiffrés et datés, arbitrer entre les priorités | « devenir la référence de la réparation en 48 heures dans la ville », puis « réduire le délai moyen de 5 à 2 jours au 30 juin » |
| 2. Organiser | découper le travail, définir les postes, attribuer les moyens et les pouvoirs, fixer les procédures | séparer l'accueil de l'atelier, créer un poste de préparateur, écrire la procédure de diagnostic |
| 3. Animer et former | informer, motiver, développer les compétences, arbitrer les conflits, décider au quotidien | point de dix minutes chaque matin, tutorat d'un apprenti, arbitrage entre deux réparations urgentes |
| 4. Contrôler | fixer le standard, mesurer le réalisé, analyser l'écart, décider de l'action corrective | délai moyen relevé chaque semaine ; écart de + 1 jour en mai, d'où un renfort le samedi |
- Varié : il passe d'un budget à un conflit d'équipe, puis à un client mécontent, en quelques minutes.
- Bref : la plupart de ses activités durent moins d'un quart d'heure.
- Fragmenté : il est interrompu sans cesse, et une part importante de son information vient de conversations informelles, non de rapports écrits.
- Oral et relationnel : le manager parle, écoute et négocie bien plus qu'il ne rédige.
Remarque : ce constat n'est pas une critique du métier, c'est une donnée à intégrer. Il explique pourquoi le temps consacré à la réflexion stratégique doit être protégé volontairement : si on ne le réserve pas, l'urgence le mange en entier.
IV. Weber : d'où vient l'autorité ?
| Type d'autorité | Sur quoi elle repose | Ce qui la fonde | Sa fragilité | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Traditionnelle | l'habitude et la coutume | « il commande parce qu'on a toujours fait ainsi » : hérédité, ancienneté, statut | elle résiste mal au changement : dès que la tradition est contestée, l'autorité l'est aussi | l'entreprise familiale fictive où le fils aîné succède au père, sans que la question se pose |
| Charismatique | les qualités exceptionnelles prêtées à une personne | on obéit à quelqu'un, pour ce qu'il est : vision, éloquence, courage | elle est personnelle et donc non transmissible : elle disparaît avec la personne, et la succession est presque toujours difficile | le fondateur d'une jeune entreprise que toute l'équipe suit « parce que c'est lui » |
| Rationnelle-légale | la règle écrite et la fonction occupée | on obéit à une fonction, pas à une personne : le pouvoir est défini, limité et impersonnel | elle peut virer à la bureaucratie : application de la règle pour elle-même, lenteur, déresponsabilisation | le directeur d'une administration, dont les décisions valent parce qu'un texte les prévoit |
Deux distinctions à ne pas rater :
- Autorité et pouvoir ne sont pas synonymes. Le pouvoir est la capacité d'obtenir un comportement ; l'autorité est un pouvoir reconnu comme légitime par ceux qui s'y soumettent.
- Charismatique n'est pas un compliment, c'est un mode de légitimation. Il est puissant et fragile à la fois.
👆 ▶ À toi : dans une association fictive, tout le monde suit les décisions d'un bénévole qui n'a aucun mandat. De quelle autorité s'agit-il ? Vérifie
Deux conséquences à écrire dans une copie :
- cette autorité est réelle : l'organigramme de l'association ne dit donc pas où se prennent les décisions ;
- elle est fragile : le jour où ce bénévole s'en va, personne ne récupère son autorité, et l'association devra reconstruire une légitimité, en général rationnelle-légale (un mandat voté en assemblée générale).
V. Les dix rôles du manager selon Mintzberg
| Famille | Rôle | Ce qu'il recouvre | Exemple (chaîne de magasins fictive) |
|---|---|---|---|
| Rôles interpersonnels ils viennent de l'autorité formelle | 1. Symbole (figure de proue) | représenter l'organisation dans les actes de forme : accueil, signature, cérémonie | la directrice inaugure le nouveau magasin et accueille les élus |
| 2. Leader | recruter, former, motiver, fixer le climat de l'équipe | elle mène les entretiens annuels et arbitre les demandes de formation | |
| 3. Agent de liaison | entretenir un réseau de contacts hors de sa ligne hiérarchique | elle échange régulièrement avec les autres directeurs de magasin et un syndicat professionnel | |
| Rôles informationnels le manager est un carrefour d'information | 4. Observateur actif | collecter en permanence l'information utile, formelle et informelle | elle lit les remontées de caisse et écoute ce que disent les vendeurs |
| 5. Diffuseur | transmettre vers l'intérieur l'information reçue | elle explique en réunion la nouvelle politique de retours | |
| 6. Porte-parole | transmettre vers l'extérieur au nom de l'organisation | elle répond au journal local sur les créations de postes | |
| Rôles décisionnels ils consomment l'information collectée | 7. Entrepreneur | provoquer le changement, lancer des projets d'amélioration | elle ouvre un service de retrait en une heure |
| 8. Régulateur | traiter les perturbations non prévues | elle gère une rupture de stock et un conflit entre deux équipes | |
| 9. Répartiteur de ressources | décider qui obtient quoi : budget, temps, personnel, matériel | elle affecte le budget de rénovation à un rayon plutôt qu'à un autre | |
| 10. Négociateur | engager l'organisation dans une négociation | elle renégocie le loyer du local avec le bailleur |
- Une activité, un rôle : traite chaque ligne de l'énoncé séparément, ne cherche pas à en faire une synthèse.
- Demande-toi ce que le manager fait circuler : une relation (interpersonnel), une information (informationnel), ou un arbitrage (décisionnel) ?
- Distingue le sens de l'information : elle entre (observateur), elle descend (diffuseur), elle sort (porte-parole).
- Distingue l'origine de la décision : le manager provoque le changement (entrepreneur) ou il subit un imprévu (régulateur).
👆 ▶ À toi : « elle annonce à l'équipe la nouvelle procédure décidée par le siège », puis « elle passe à la radio locale pour la même procédure ». Mêmes rôles ? Vérifie
Annoncer à l'équipe : rôle de diffuseur. L'information vient de l'extérieur de l'unité (le siège) et le manager la fait descendre vers l'intérieur.
Passer à la radio : rôle de porte-parole. Le manager transmet vers l'extérieur, et il engage alors l'organisation, pas seulement lui-même.
Conclusion : le contenu transmis est identique, le rôle change avec la direction de la transmission.
VI. Logique entrepreneuriale, logique managériale, et le manager mandaté
| Logique entrepreneuriale | Logique managériale | |
|---|---|---|
| Point de départ | une opportunité repérée sur le marché | des ressources déjà réunies dans l'organisation |
| Question | que pourrait-on créer ? | comment tirer le meilleur parti de ce que nous avons ? |
| Rapport au risque | il est assumé : l'entrepreneur engage souvent son propre patrimoine | il est maîtrisé : on cherche à le réduire et à le partager |
| Horizon | la rupture, l'innovation, la création de valeur nouvelle | la continuité, l'optimisation, l'efficience |
| Auteur de référence | Schumpeter, qui fait de l'entrepreneur innovateur le moteur du changement économique | Fayol et Drucker, qui font de l'administration un métier |
| Risque du déséquilibre | une entreprise qui n'a que la logique entrepreneuriale innove sans jamais consolider : elle grandit mal | une entreprise qui n'a que la logique managériale optimise un modèle qui vieillit : elle décline lentement |
- La poursuite de son intérêt personnel : privilégier la taille de l'entreprise, son propre prestige ou sa sécurité plutôt que la valeur créée.
- Le frein à l'initiative : éviter les projets risqués qui, en cas d'échec, coûteraient sa place, même lorsqu'ils seraient rentables en espérance.
- Les mauvaises décisions : un mandataire peut se tromper sans en supporter les conséquences patrimoniales.
Remarque : aucun de ces dispositifs n'est neutre. Une rémunération indexée sur le cours de l'action peut encourager les décisions qui font monter ce cours à court terme au détriment du long terme. Le remède déplace le problème : c'est un point qui vaut des points en copie.
VII. Leadership : le leader n'est pas le manager
Deux ingrédients :
- des qualités personnelles : écoute, confiance en soi, capacité à décider dans l'incertitude, exemplarité ;
- des compétences acquises : communiquer, animer une réunion, conduire un entretien, gérer un conflit. Cette seconde part se travaille, et c'est elle qui justifie qu'on enseigne le management.
| Le manager | Le leader | |
|---|---|---|
| D'où vient son pouvoir | de sa fonction : il est nommé | de sa reconnaissance par le groupe : il est suivi |
| Ce qu'il obtient | de la conformité : les consignes sont appliquées | de l'adhésion : le but est partagé |
| Ce sur quoi il agit | l'organisation, les moyens, les procédures | les représentations, l'énergie, l'envie |
| Horizon | l'exécution du plan | le sens et la direction |
| Sa limite | l'autorité obtient l'obéissance, pas l'engagement | l'influence ne suffit pas à répartir des budgets ni à sanctionner |
- Manager et leader : la situation la plus confortable, l'autorité et l'adhésion vont dans le même sens.
- Manager sans leadership : les consignes sont appliquées à la lettre, et rien de plus. Le service tourne, il ne progresse pas.
- Leader sans autorité : un membre de l'équipe entraîne les autres sans titre. C'est une ressource si son but rejoint celui de l'organisation, un contre-pouvoir sinon.
- Ni l'un ni l'autre : le poste est occupé, la fonction ne l'est pas.
VIII. Les styles de Lewin et de Likert
| Style | Comportement du responsable | Résultat observé | Quand le responsable s'absente |
|---|---|---|---|
| Autoritaire | il décide seul, distribue les consignes une par une, ne donne pas la vue d'ensemble, juge sans expliquer | production quantitativement élevée, mais climat tendu : agressivité entre les membres, ou au contraire apathie | la production s'effondre : rien ne tenait le groupe, sinon la présence du chef |
| Laisser-faire | il fournit le matériel et se retire : pas de consigne, pas d'arbitrage, pas d'évaluation | production la plus faible et qualité médiocre : le groupe se disperse, l'insatisfaction est forte | rien ne change : il était déjà absent en pratique |
| Démocratique | il fait décider le groupe des objectifs et des méthodes, conseille, explique ses critères | production un peu moins élevée que sous le style autoritaire, mais qualité supérieure, relations et motivation bien meilleures | la production se maintient : le groupe s'est approprié le but |
- au critère de la quantité produite en présence du chef, le style autoritaire l'emporte ;
- aux critères de la qualité, de la satisfaction et de l'autonomie, le style démocratique l'emporte nettement.
| Système | Comment on décide | Comment on obtient le travail | Circulation de l'information | Effet sur l'équipe |
|---|---|---|---|---|
| 1. Autoritaire exploiteur | au sommet, seul | par la crainte et la sanction | descendante uniquement ; ce qui remonte est déformé par peur | obéissance de surface, aucune initiative |
| 2. Autoritaire paternaliste | au sommet, seul | par la récompense et la relation personnelle au chef | descendante ; la remontée existe mais dit ce que le chef veut entendre | loyauté envers la personne, dépendance |
| 3. Consultatif | au sommet, après avoir consulté | par l'implication et des objectifs discutés | descendante et montante, réelle | adhésion correcte, mais le dernier mot reste ailleurs |
| 4. Participatif | en groupe, par les équipes concernées | par la responsabilisation et le travail collectif | dans tous les sens, y compris latérale entre équipes | engagement fort : c'est le système que Likert recommande |
- La motivation est ce qui pousse à agir maintenant : elle peut venir d'une prime, d'un délai, d'une menace. Elle est souvent externe et s'éteint avec sa cause.
- L'implication est l'attachement durable à l'organisation et à son but : elle est interne, se construit lentement, et survit à la disparition de la récompense.
- narcissique : centré sur son image et sur la reconnaissance qu'il attend de l'équipe ;
- séducteur : obtient par le charme et l'adhésion personnelle, et évite volontiers le conflit ;
- possessif : contrôle tout, délègue peu, considère l'équipe comme son domaine ;
- bienveillant : attentif aux personnes et à leur développement, au risque du paternalisme.
Remarque : cette typologie est moins mobilisée à l'examen que Lewin, Likert ou Blake et Mouton. Elle est utile pour une raison précise : elle rappelle qu'un style de management n'est pas seulement une technique de décision, c'est aussi une manière d'être en relation.
IX. La grille de Blake et Mouton
- l'intérêt pour la production (l'axe horizontal) : les résultats, les délais, les méthodes, la qualité du produit ;
- l'intérêt pour les personnes (l'axe vertical) : les conditions de travail, la reconnaissance, le développement, le climat.
| Position | Nom du style | Comportement typique | Ce que cela donne |
|---|---|---|---|
| 1.1 | appauvri | effort minimal sur les deux plans : transmettre les consignes, ne rien décider, ne rien risquer | le service se maintient tant que rien ne change, et s'effondre au premier imprévu |
| 1.9 | social (« country club ») | priorité absolue au climat : on évite les tensions et on repousse les sujets qui fâchent | équipe agréable, objectifs mal tenus ; les personnes sérieuses finissent par se lasser |
| 9.1 | autoritaire (obéissance) | priorité absolue aux résultats : consignes précises, contrôle serré, le facteur humain est un moyen | efficace à court terme, coûteux ensuite : turnover, absentéisme, plus aucune initiative |
| 5.5 | intermédiaire (institutionnel) | recherche permanente du compromis acceptable : ni trop d'exigence, ni trop de laxisme | performance moyenne stable : c'est le style le plus répandu, et le plus difficile à faire évoluer |
| 9.9 | équipe (collaboratif) | exigence forte sur les résultats et sur les personnes : objectifs partagés, confiance, conflits traités au lieu d'être évités | présenté par les auteurs comme l'idéal à viser : l'engagement de chacun sert le résultat collectif |
C'est exactement l'objection à laquelle répond le modèle suivant, qui refuse l'idée d'un style universellement meilleur.
👆 ▶ À toi : « il annule la réunion d'équipe pour tenir le délai, et répond à qui se plaint que les résultats passent d'abord. » Quelle position ? Vérifie
Justification, comportement par comportement : le délai commande l'arbitrage (production), le temps consacré à l'équipe est la variable d'ajustement (personnes), et la plainte reçoit une réponse de principe plutôt qu'un traitement.
Interprétation : ce style tient le délai cette fois-ci. Son coût apparaît plus tard, et jamais sur l'indicateur qui a motivé la décision : désengagement, départs, informations qui ne remontent plus. C'est ce décalage entre le gain immédiat et le coût différé qui rend le 9.1 durablement séduisant.
X. Hersey et Blanchard : le leadership situationnel
- la compétence : sait-il faire ?
- la motivation (ou confiance en soi) : veut-il le faire, et s'en sent-il capable ?
| Autonomie du collaborateur | Style adapté | Ce que fait le manager | Exemple (atelier de vélos fictif) |
|---|---|---|---|
| Faible : ne sait pas faire, mais motivé (nouvel arrivant) | Directif tâche +, relation − | il donne des instructions précises, montre, fixe des points de contrôle rapprochés | le premier jour d'un apprenti : on lui montre la procédure de diagnostic, pas à pas |
| Moyenne basse : commence à savoir, mais se décourage | Persuasif tâche +, relation + | il continue de cadrer et explique le pourquoi, encourage, valorise les progrès | au bout d'un mois, l'apprenti bute sur les cas difficiles et doute : on explique, on rassure, on garde le cadre |
| Moyenne haute : sait faire, mais manque de confiance ou d'envie | Participatif tâche −, relation + | il associe le collaborateur aux décisions, écoute, soutient, laisse choisir la méthode | un mécanicien compétent que la charge de travail démotive : on décide avec lui de l'organisation de sa semaine |
| Forte : sait faire et veut faire | Délégatif tâche −, relation − | il confie la mission et le résultat attendu, reste disponible, contrôle par le résultat | on confie à un mécanicien expérimenté la mise en place complète du service de réparation rapide |
- Aucun style n'est meilleur qu'un autre : chacun est adapté à un degré d'autonomie précis. Le style directif n'est pas un défaut, c'est la bonne réponse à une compétence absente.
- L'autonomie s'apprécie tâche par tâche, jamais personne par personne. Un collaborateur autonome sur la réparation peut être débutant complet sur la facturation : deux styles pour la même personne, le même jour.
- Le style suit l'évolution du collaborateur. Rester directif avec quelqu'un devenu compétent est vécu comme un manque de confiance, et le démotive.
- Le sens de la progression est la délégation : le rôle du manager est de faire monter l'autonomie, donc de rendre progressivement son style inutile.
- Déléguer trop tôt : à un débutant, cela ressemble à un abandon. Le travail est mal fait, et le collaborateur perd confiance.
- Déléguer trop tard : à un expert, cela ressemble à de la surveillance. Le travail est bien fait, et le collaborateur s'en va.
XI. Le continuum de Tannenbaum et Schmidt
- Les forces qui tiennent au manager : son système de valeurs, sa confiance dans son équipe, son propre besoin de sécurité, sa tolérance à l'incertitude.
- Les forces qui tiennent aux collaborateurs : leur compétence, leur envie d'autonomie, leur intérêt pour le problème, leur habitude d'être associés.
- Les forces qui tiennent à la situation : la culture de l'organisation, la nature du problème, le temps disponible et le risque encouru.
- Le degré 7 n'est pas l'anarchie. Le groupe décide « dans les limites fixées » : budget, délai, règles de sécurité. Sans ces limites, on retombe dans le laisser-faire.
- Un degré élevé n'est pas un progrès moral. Consulter une équipe puis décider l'inverse sans expliquer est plus destructeur que d'avoir décidé seul dès le départ : la participation annoncée crée une attente, et une attente déçue coûte de la confiance.
XII. Pourquoi aucun style n'est le bon : la contingence
- La taille : à cinq personnes, l'ajustement direct suffit ; à cinq cents, il faut des procédures et une ligne hiérarchique.
- L'âge et l'histoire : une organisation ancienne a des habitudes qui pèsent plus que les intentions du dernier dirigeant arrivé.
- La culture : rapport à la hiérarchie, à l'écrit, à la prise de parole. Un même style ne produit pas le même effet partout.
- La gouvernance : dirigeant propriétaire ou manager mandaté, association, entreprise publique ; qui contrôle qui.
- La nature de la décision : une décision urgente, risquée ou confidentielle ne se traite pas comme une décision courante.
- La rationalité disponible : le décideur n'a jamais toute l'information ni tout le temps. Il ne choisit pas la meilleure solution concevable, mais la première qui soit satisfaisante au regard de ses critères.
Remarque : cette rationalité limitée laisse une place réelle à l'intuition, c'est-à-dire à l'expérience accumulée qui permet de trancher vite sans pouvoir tout justifier. L'intuition n'est pas l'opposé de la méthode : elle en est le raccourci, et elle se trompe exactement là où l'expérience passée ne vaut plus.
- La définition du manager (autorité, personnes, responsabilité de résultat) et la distinction manager / leader.
- Les trois niveaux de management et le critère qui les sépare : horizon et réversibilité, jamais le montant.
- Les trois autorités de Weber, et pourquoi la rationnelle-légale est la plus stable.
- Les dix rôles de Mintzberg en trois familles : sache les citer, et distinguer diffuseur et porte-parole, entrepreneur et régulateur.
- Les trois styles de Lewin et le comportement du groupe en l'absence du responsable ; les quatre systèmes de Likert.
- La grille de Blake et Mouton : les deux axes, les cinq styles, la notation production.personnes.
- Les quatre styles de Hersey et Blanchard et le fait que l'autonomie s'apprécie tâche par tâche.
- Le continuum de Tannenbaum et Schmidt et ses trois familles de variables.
- La contingence : aucune copie ne doit conclure qu'un style est le meilleur dans l'absolu.